14/01/2019

Les hauts et les bas d'une communauté

japon
"Je suis née dans un village communautaire",
bande dessinée de Kaya Takada

Présentation de l'éditeur :
« Kaya Takada a vécu au Japon une aventure peu ordinaire : elle a passé toute son enfance et son adolescence au sein d’un village communautaire. Inspiré par les idées libertaires qui ont abondamment circulé dans les années 1970, le village était une communauté rurale alternative, aux mœurs à la fois innovantes et sévères : pas de propriété privée, des lieux d’habitation dépourvus de clés, des biens matériels partagés avec tous, etc.

Parallèlement à ces pratiques généreuses, le mode de vie était marqué par une rigueur monastique et un climat terrorisant : deux repas par jour seulement, des lieux de résidence séparés pour les parents et les enfants, des punitions corporelles pour faire régner une discipline de fer, etc.

C’est dans cet environnement déroutant que Kaya Takada a vécu jusqu’à l’âge de 19 ans, avec ses activités et ses bonheurs simples, mais aussi, comme une litanie sans fin, ses contraintes et ses brimades… Le choc du livre naît de la confrontation entre la fraîcheur du récit de Kaya, mené "à hauteur d’enfant" avec franchise, humour et entrain, et la radicalité des mœurs de cette collectivité singulière. » Bref, une secte, qui n'a rien de très libertaire...

Rue de l'échiquier, 288 p., 19,90 €.
Paru le 3 janvier 2019.
BD japon
(et un clin d'œil en VO...) :

13/01/2019

Le point sur les coopératives alimentaires

Le 17 janvier, à Angoulême.

Zapatisme : où en sommes-nous ?

11/01/2019

Maitron pour tous

Lu sur Maitron-en-ligne :
La journée Maitron du 5 décembre 2018 a marqué une étape nouvelle dans l’aventure du dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, "Le Maitron", avec l’ouverture au public de vastes ensembles de biographies. (...)

Concrètement, vous pouvez désormais naviguer dans l’ensemble des notices correspondant aux cinq premières périodes du Maitron, de 1789 à 1968, y compris les notices inédites ou enrichies qui viendront s’y ajouter à l’avenir. Quelques secteurs du site, et donc certaines biographies restent toutefois dans une zone de "recherches en cours". Il s’agit notamment des dictionnaires dont la réalisation n’est pas achevée. Une partie des notices des Ouvriers du livre, du papier et du carton reste ainsi en accès restreint, de même qu’une partie des notices du dictionnaire Belgique, de la 6e période du dictionnaire (1968-1981) et du Dictionnaire biographique des mouvements immigrés, tous en cours d’élaboration. (...)

Pour chaque biographie, trois "Rebonds" sont proposés. Ils sont choisis aléatoirement parmi les notices présentant des similitudes chronologiques, géographiques et socioprofessionnelles. Ces rebonds varient à chaque visite ou à chaque affichage de la biographie.

Pour certains corpus, figure aussi une invitation à "Aller plus loin", vers des articles de présentation ou de synthèse. Ces contenus sont bien sûr amenés à s’enrichir et à se développer.

> EXPLORER "LE MAITRON"et ses notices.

Rappel : Le site maitron-en-ligne reprend, parfois dans une version enrichie et avec de l’iconographie, la totalité des 187 501 notices publiées dans l’ensemble du Maitron.
La rubrique Dictionnaires reprend l’ensemble des dictionnaires spécialisés du Maitron récemment réalisés ou en cours de réalisation/réactualisation :

Le Dictionnaire des anarchistes
Le Dictionnaire biographique des cheminots 
Le Dictionnaire biographique des enseignants et personnels de l’éducation
Le Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés
Le Dictionnaire biographique des Gaziers-électriciens
Le Dictionnaire biographique des militants du Val-de-Marne

Le Dictionnaire du mouvement ouvrier en Grande-Bretagne et Irlande
Le Dictionnaire biographique du Komintern
Le Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis
Le Dictionnaire Algérie
Le Dictionnaire Chine
Le Dictionnaire biographique des mobilisations et contestations africaines,
Le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier en Belgique,
en cours de constitution.



> En savoir plus sur Jean Maitron (Wikipedia).

02/01/2019

Au sommaire de "L'âge de faire" de janvier

ecologie
• Edito : la violence c’est la pauvreté
• Dossier : Rendez-nous l'énergie !
Précarité énergétique - Une privatisation venue de loin - Les milliards évaporés du gaz - Les réseaux, résistants mais plus trop - Privatisation des barrages et risque de black-out - La technologie au service de la déshumanisation - Une énergie publique pour une vraie transition - À Briançon, l'électricité est un service public local...
Mobicoop, alternative à Blablacar
• EHPAD : des poneys dans les couloirs (Dordogne)
• Algérie : une cité écolo aux portes du désert
• Entretien : des policiers et gendarmes contre la prohibition des drogues
• La petite tannerie écologique
• Biomimétisme, le génie de la nature
• Livre : Njinga, reine africaine hors norme
• Climat, nuit de garde à vue pour 2 militants
• Une nouvelle ZAD en Vallée Dordogne ? • Mon smartphone à 4 ans • Les cabanes des gilets jaunes : un jeu très sérieux • Le kérosène d’abord ! • Taxation des Gafa • La pause Qi Gong • Fiche pratique : démasquer les stéréotypes sexistes...

> EN SAVOIR PLUS.

31/12/2018

Mobilisations gagnantes de 2018

28/12/2018

Osvaldo Bayer, l'Argentin rebelle

 "La Patagonia Rebelde" (1974), film d'Hector Olivera inspiré du livre d'Osvaldo Bayer.
 

27/12/2018

Vers une souveraineté collective

anarchiste
Le 27 décembre 1821, naissait Joseph Déjacque, militant et écrivain anarchiste.
En ces temps de défiance vis-à-vis de pseudo-représentants et de demande de "vraie démocratie", plus directe, les curieux pourront aller jeter un œil sur l'un de ses écrits, daté de 1857 : « La Législation directe et universelle ».
Ce texte est disponible gratuitement en ligne et à télécharger sur différents sites web. Notamment sur celui de la Bibliothèque anarchiste (pdf, epub, texte brut...).

EXTRAITS :
(...) La législation directe et universelle n’est pas un principe tant s’en faut, c’est un instrument de manifestation, une manière d’être révolutionnaire essentiellement provisoire, un moyen encore grossier et presque primitif comme le prolétariat de nos jours, mais par cela même à la portée de tous, et qui est de nature à préparer le développement des esprits, le bouleversement physique et moral de la vieille société et à la conduire [d’évolution en évolutions], de la souveraineté collective, la souveraineté du peuple, la souveraineté individuelle, la souveraineté de l’homme, de l’être humain. 

C’est un pont volant, une planche de sauvetage pour passer de l’épave du présent à la terre ferme de l’avenir. Comme les naufragés de la Méduse, nous sommes sur un radeau où la fibre révolutionnaire des masses est menacées de périr d’inanition. Il faut en sortir à tout prix ; tirer le peuple de cette position critique ; il faut mettre à sa disposition le pain quotidien du cerveau, l’exercice de la législation universelle et directe, afin que, par l’emploi démocratique de la liberté légale, il finisse par s’habituer et s’initier de lui-même à l’idée comme à la pratique de la liberté anarchique.

Qu’avant peu l’enchaînement des circonstances, la fatalité des choses amènent en Europe un mouvement insurrectionnel de peuples, c’est ce qui n’est un doute pour personne. Que le prolétariat se retrouve encore une fois victorieux et en armes sur les débris des trônes, déchaîné, sinon libre, entre les quatre murs ou les quatre piliers de la Civilisation, — l’esprit de gouvernement, l’esprit de propriété, l’esprit de religion et l’esprit de famille, porte de quadrilatère du principe d’autorité, — et il court grand risque de s’être encore une fois, battu pour le roi de Prusse ou l’empereur de France, tout comme des patriotes italiens ou de stupides soldats. Il n’a pour cela qu’à refaire ce qu’il a toujours fait, c’est-à-dire réparer de ses mains caleuses les parois dégradées de l’autorité gouvernementale, la replâtrer nous le nom de dictature ou de comité de salut public quelconque, si bénin et si provisoire même que s’annonce ce comité ou cette dictature. 

Supposons, au contraire, qu’au jour de la victoire le prolétariat inaugure immédiatement le système de législation directe et universelle, et, aussitôt, sur l’initiative des plus révolutionnaires et sous l’empire des premiers élans d’enthousiasme, il ébranle à coups redoublés les murailles de son antique prison, il les bat en brêche**, il les troue de fond en combles, il les éventre sur les quatre faces et s’ouvre ainsi autant d’issues pour sortir de l’ordre ancien, achever l’œuvre de démolition de l’idée autoritaire s’en éloigner chaque jour de plus en plus et ne rapprocher de plus en plus chaque jour de l’ordre nouveau, de l’édification anarchique de la liberté. 

Avec le droit direct et universel au vote de la loi, il est évident que tout le monde se trouve et se sent intéressé à n’adopter que ce qui est de bien public et à rejeter tout ce qui est de nature à y porter atteinte. Le progrès individuel devient une conséquence logique du travail général des intelligences, — travail provoqué par le maniement du vote législatif, — et le progrès social une conséquence non moins fatale du progrès individuel. C’est l’instruction et l’éducation obligatoires de tous par chacun et de chacun par tous. Tous et chacun ayant un intérêt direct à la bonne organisation de la société et chacun et tous participant en fait et en droit à son organisation, il n’en peut résulter qu’une amélioration croissante pour l’individu comme pour la société. 

Jusqu’à présent le peuple n’a été qu’un mythe, une fiction ; n’existe que sur le papier, c’est un être fabuleux qui ne figure que dans les mille et une proclamations de jour et de nuit des politiques orientaux ou occidentaux. On s’en sert comme d’une formule métaphysique bonne à jeter de la poudre aux yeux des imbéciles et ouvrir aux intrigants les portes du pouvoir, absolument comme de son antithèse, cette autre personnalité mythologique, baptisée du nom de Dieu. C’est le "sésame ouvre-toi" des aventuriers à la recherche des satisfactions gouvernementales, le talisman des ambitions malfaisantes, la clé merveilleuse de leur tyrannique puissance. 

Les Césars rouges comme les Césars tricolores ne règnent et ne gouvernent oui ne prétendent à régner et à gouverner que par la vertu de ces syllabes magiques : Dieu et le Peuple. Tous leurs hiéroglyphes d’Etat sont entrelacés de phrases dans le style de celles-ci : — Par la grâce de Dieu et la volonté du Peuple, nous leurs représentants sacrés et couronnés, leurs pontifes légitimes, mandons et ordonnons que devant notre infiniment aimable et miséricordieuse Majesté chacun se prosterne la face contre terre et nous adore en ses génuflexions comme son seigneur et maître, faute de quoi il sera roué en place publique, fustigé en cellule privée, passé par les armes, rendu au gibet ou garrotté sur n’importe quel échafaud jusqu’à ce que mort s’en suive. Ou bien : Liberté, égalité, fraternité, c’est-à-dire sous l’invocation d’une autre très-Sainte Trinité, la divinité démagogique, et au nom de la souveraineté du Peuple, nous leurs représentants officiels, leurs eucharistiques mandataires sortis du vase d’élection, mandons et décrétons que chacun a le droit et le devoir de nous obéir aveuglément, servilement, et de conformer en tout et partout ses pensées comme ses actions à notre bon plaisir, sous peine, en n’observant pas nos dits commandements, de se voir appréhender au corps, jeté en pâture à la gueule des patrons et, à la rigueur, d’avoir les poings coupés et la tête tranchée. 

Qu’est-ce donc, en définitive, que le Peuple, le représenté, avec ses représentants rouges ou bleus, blancs ou tricolores ? Je vous dis, moi, que ce peuple-là n’est pas un peuple souverainement vivant, pas plus que le seigneur Dieu n’est une existence réelle, c’est un scandaleux juron, un sacré nom de Peuple et un sacré nom de Dieu, voilà toute la Science a soufflé sur le Dieu et l’a fait fuir devant elle comme une balle de savon ; la bulle a crevé aux yeux des plus clairvoyants ; il n’en reste bientôt plus de trace que dans les imaginations les plus attardées. 

Déjà dans les sphères de la dialectique, et pour désigner ce qui reste inexpliqué, on ne dit plus Dieu, mais l’inconnu. Malheureusement nous n’en sommes pas encore là à l’égard du Peuple. La démocratie, le gouvernement du peuple par le peuple, la souveraineté collective est l’état de chrysalidation par lequel doit passer la multitude rampante avant d’atteindre à l’autonomie, au gouvernement de l’homme par soi-même, à la souveraineté infiniment individuelle. Constituons donc la législation directe et universelle afin de métamorphoser par le stimulant d’un intérêt universel et direct, la passivité des masses en activité, l’esprit inerte en intelligence animée. Sortons le prend nombre de son néant ; créons la matière humaine, imprimons lui le mouvement, façonnons-la au progrès. 

L’ignorance populaire étant donnée, on ne peut résoudre le problème de son extinction que par la législation directe et universelle. C’est le fluide chaleureux et vermeil qui fera circuler la vie dans les réseaux organiques du corps social, aujourd’hui fœtus informe, chaos inepte. C’est l’alphabet de la liberté mis aux mains des foules esclaves, l’école mutuelle des sociétés encore en enfance. (...)

La division des sections législatives et leur centralisation unitaire n’est pas plus difficile à établir que la division et la centralisation des sections électorales ; il n’y a qu’un accroissement de sections, voilà tout. C’est un travail de bureaucratie auquel, au besoin, on peut suppléer provisoirement et même définitivement par des groupements anarchiques discutant et votant, acclamant, pour ainsi dire, d’urgence les mesures de nécessités locales. 

C’est aux révolutionnaires, autorités naturelles en temps de révolution, à prendre l’initiative du mouvement de salut publie ; à proposer pour que le peuple dispose. C’est à eux de parler, d’écrire, d’agir en permanence ; à eux d’enthousiasmer les masses ignorantes et d’en faire des volontaires de l’intelligence ; à eux de les lancer à la pointe du vote contre les institutions séculaires de l’oppression et de la servitude à la conquête et à la défense des droits de l’être-humain. 

Cette commission de réacteurs les plus réprouvés, telle que je le proposai plus haut (commission inutile en soi puisque le premier venu est propre à ce travail), c’est à la seule fin de faire du seuil de l’Hôtel-de-ville, — au lieu d’un tréteau honorifique, — un tréteau infâmant, le pilori de l’Autorité, passée, présente et à venir. C’est pour déconsidérer dans l’esprit des masses et par une exhibition charivarique du Pouvoir, tous les provisoires incor... rigibles, tous les prétendants démagogiques qui rêvent la transformation de ce palais communal en Louvre, et de son balcon en trône. 
 
Toute représentation, toute délégation doit être souverainement, absolument interdite sous quelque prétexte et pour quelque cause que ce soit ; car la représentation, la délégation, c’est l’abdication. Tout au plus peut-on nommer à des fonctions administratives, et encore, non pas toujours universellement mais surtout spécialement, c’est-à-dire chacun suivant ses aptitudes. 

Le mieux est de laisser le plus possible à l’initiative de chacun. Ainsi, il serait bon qu’il se formât une commission pour l’élaboration de projets de lois (quand je dis lois c’est plutôt décrets, proclamations, je ne m’exprime pas juste, et il me semble que tous ces mots-là grincent sous ma plume et me chatouillent désagréablement les oreilles). Mais cette commission il est tout à fait inutile qu’elle relève de l’élection populaire. C’est une sorte d’académie libre qui doit se former par agrégation, se recruter volontairement parmi les deux sexes. Il n’y aurait aucun inconvénient à ce qu’il s’en organisât plusieurs en concurrence l’une de l’autre ; au contraire, ce serait un stimulant que la rivalité pour chacune d’elles. 

Ces académies pourraient et devraient même publier chaque semaine ou chaque mois un compte-rendu de leurs séances, un bulletin de leurs travaux, publication qui, vendue à un grand ou petit nombre d’exemplaires, selon que l’esprit publie lui accorderait plus ou moins de valeur, pourrait servir à la rétribution de chacun des membres de ces assemblées. Ces commissions ou ces académies seront en système de législation directe et universelle ce qu’est le Conseil d’Etat en régime impérial. La différence c’est que les unes seront libres et anarchiques, tandis que l’autre est servile et privilégiée. 

Dans tous les cas, elles ne sauraient empêcher que toute personne, homme ou femme, qui voudra prendre l’initiative d’une proposition ne puisse le faire, et cela pour les questions d’intérêt général comme pour les questions d’intérêt local. Chacun a le droit de parole dans sa section comme le droit de publicité dans la presse, et il suffit que sa motion ait de l’écho, qu’elle réunisse un certain nombre d’adhérents pour qu’elle soit inscrite à l’ordre du jour des sections de la commune, si elle est d’intérêt local, ou à l’ordre du jour de toutes les sections de la république, si elle est d’intérêt général. (...)

25/12/2018

USA, scène de crime


"Contre-histoire des États-Unis"
de Roxanne Dunbar-Ortiz

Présentation : « Ce livre répond à une question simple : pourquoi les Indiens d'Amérique ont-ils été décimés ? N'était-il pas pensable de créer une civilisation créole prospère qui permette aux populations amérindienne, africaine, européenne, asiatique et océanienne de partager l'espace et les ressources naturelles des États-Unis ? Le génocide des Amérindiens était-il inéluctable ?

Roxanne Dunbar-Ortiz montre que les États-Unis sont une scène de crime. Il y a eu génocide parce qu'il y a eu intention d'exterminer : les Amérindiens ont été méthodiquement éliminés, d'abord physiquement, puis économiquement, et enfin symboliquement. Le génocide des Amérindiens ouvrit la voie à l'esclavage des Amérindiens, puis des Africains : les colons européens, en mal de main-d'oeuvre pour exploiter les gigantesques terres arables ouvertes par la guerre de conquête, inventèrent l'esclavage colonial, institution emblématique du capitalisme moderne. »

Roxanne Dunbar-Ortiz est une historienne et militante née en 1939. Docteur en histoire, elle est également diplômée en droit international et droits de l'homme de l'IDH de Strasbourg. Militante de la cause amérindienne depuis 1967, cofondatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF) aux États-Unis en 1968, elle a aussi vécu en Europe, au Mexique et à Cuba.
Editions Wild Project, 336 p., 22 €. Paru en mai 2018.
> Lire la longue préface du traducteur.

« Avec ce compte-rendu de la conquête des États-Unis du point de vue de ses victimes, Roxanne Dunbar-Ortiz nous rend un service immense. Renseigné en profondeur, éloquent et lucide, ce puissant récit d'un crime terrible prend aujourd'hui un sens nouveau : les survivants rejoignent en effet les peuples indigènes du monde pour lutter – en idées et en actions – contre la destruction écologique du monde causée par la civilisation industrielle. » Noam Chomsky, linguiste
Editions Wild Project

24/12/2018

Reprendre le pouvoir



L’actualité des entreprises récupérées et du mouvement d’autogestion en Argentine

« Le 21 novembre 2018, une soirée-débat (vidéo ci-dessus) s’est tenue sur le thème "L’actualité des entreprises récupérées et du mouvement d’autogestion en Argentine" avec pour invité Carlos Martínez, membre fondateur de la Facultad abierta de Buenos Aires

Les entreprises récupérées par leurs travailleur.se.s sont apparues en Argentine dans la foulée de la débâcle de l’économie locale en décembre 2001. Ce mouvement est particulièrement significatif dans ses caractéristiques : il se développe en contestation de ce qu’il y a de plus essentiel pour le capitalisme, la propriété privée des moyens de production.

Loin d’avoir disparu, ce mouvement s’est largement renforcé tout au long de ces deux dernières décennies. Il a démontré la possibilité d’une économie et d’une société sans patrons gérée par les travailleurs. Il s’agit ici bel et bien d’autogestion, dont la problématique peut ainsi être envisagée à l’échelle de la société tout entière. Cependant, ce processus est aujourd’hui confronté à un contexte socio-économique et politique défavorable dominé par le retour au pouvoir d’une droite ultra-conservatrice.

Carlos Eduardo Martínez est anthropologue social, professeur à l’Université nationale de Córdoba. Chercheur sur les processus d’autogestion, il est membre de la Commission de direction de la Maison des ouvriers de Córdoba et membre fondateur du programme de faculté ouverte de l’Université de Buenos Aires depuis 2001. » (Association Autogestion)

23/12/2018

L'étal de la répression

douillard
En ces temps troublés et violents, 
retour sur un livre sorti en mai 2016...

"L'arme à l'œil. 
Violences d'État et militarisation de la police"
de Pierre Douillard-Lefevre

« Automne 2014, un manifestant est tué par une grenade lancée par un gendarme à Sivens. L’armement de la police fait, pour la première fois, la une de l’actualité. Loin de susciter des réactions à la hauteur, ce drame est l’occasion pour le pouvoir de renforcer ses stratégies de maintien de l’ordre en faisant interdire et réprimer implacablement les mobilisations qui suivent. La mort de Rémi Fraisse n’est ni une "bavure", ni un accident. Elle est le produit d’une logique structurelle, qui s’inscrit dans un processus d’impunité généralisée et de militarisation de la police en germe depuis deux décennies.

Sur fond d’hégémonie culturelle des idées sécuritaires, la police française se dote de nouvelles armes sous l’impulsion des gouvernements successifs : taser, grenades, flashballs, LBD. On tire à nouveau sur la foule. D’abord expérimentées dans les quartiers périphériques, puis contre les mobilisations incontrôlables, les armes de la police s’imposent aujourd’hui potentiellement contre tous. "En blesser un pour en terroriser mille", telle est la doctrine des armes de la police.

Cet essai passe en revue l’armement de la police pour comprendre ce que les armes disent de notre temps, quelles sont les logiques politiques qu’elles suggèrent, au-delà des spécificités françaises d’un maintien de l’ordre présenté comme irréprochable.

Pierre Douillard-Lefevre est blessé au visage lors d’une manifestation, par le tir d’une nouvelle arme de la police : les lanceurs de balles de défense (LBD). Nous sommes en 2007, il a 16 ans. Depuis, il lutte aux côtés d’autres blessés contre la militarisation et l’impunité des forces de l’ordre.»
Éditions Le Bord de l’eau, 90 pages, 8 €. 
> Un entretien avec l'auteur.

Pour une nouvelle année de solidarithé

A l'occasion des fêtes de fin d'année, rappelons que SCOPTI (Société Coopérative Ouvrière Provençale de Thés et Infusion) propose toujours une série de packs d'excellents thés et infusions.

Pour la promotion d'un autre modèle social, économique et politique. « L’histoire de SCOPTI est singulière puisque sa création marque l’issue d’une lutte sociale de 1336 jours engagée par les anciens salariés de « Fralib-Unilever » contre la fermeture et le démantèlement de leur outil de production. Cela traduit aussi l’adoption d’un changement de système social et politique, également perceptible dans la gestion de la production et de la qualité des produits proposés. »

> Découvrir et acheter les produits 1336.
(pub gratos)

Chat'narchie vaincra !




Bienvenue à l'école du chat noir. 
Présentation : « L'école du chat noir c'est l'école de la révolte et de la liberté. Autrement dit une chaîne de vulgarisation de la pensée anarchiste. Nous auto-produisons ces vidéos car cela nous semble important de diffuser la pensée anti-autoritaire à notre échelle, et c'est ce que l'on aime faire.

Un épisode c'est plus de 300 heures de travail.
L'école du chat noir est imaginée par Lorenzo Papace, réalisateur et compositeur. Les épisodes sont co-écrits et interprétés par les comédien·nes Nicole Mersey et Jonathan Peronny.

Pour bien parler d'anarchisme, cela nous semble important d'avoir la plus grande liberté possible. C'est-à-dire de ne demander de l'aide ni à l'État ni aux prêteurs (que cette école se donne comme objectif d'abattre). Nous refusons aussi tout placement publicitaire dans nos vidéos car la publicité est une matraque de l'imaginaire. Nous auto-produisons et autogérons cette école, vos dons via Tipeee serviront comme contrepartie à notre travail et aux divers frais de production.

Si tout va pour le mieux, nous rêvons aussi de faire participer des auteur·ices en invité sur des épisodes particuliers. »

Tipeee c'est quoi ?
Tipeee c'est une nouvelle forme de financement participatif basée sur la philosophie du «Tip» (le pourboire). Ici les créateurs sont des passionnés, qui fournissent déjà des contenus réguliers et gratuits à destination de leurs communautés. Or, contrairement à un site de financement participatif traditionnel, ils ne viennent pas sur Tipeee pour demander de gros montants nécessaires à la réalisation d'un projet spécifique. Non ! Sur Tipeee, les créateurs sollicitent leurs fans pour qu'ils les soutiennent dans ce qu'ils font déjà !

Pour devenir Tipeur d'un projet, l'internaute doit indiquer un montant (à partir de 1€) qu'il souhaite donner au créateur de contenu. Et pour rester dans des montants raisonnables, l'internaute peut indiquer dans tous les cas un maximum mensuel à ne pas dépasser. Il n'y a donc ni obligation d'achat, ni objectif à atteindre, ni durée de collecte. Ici chacun participe à hauteur de ce qu'il souhaite, s'il le souhaite et pour la durée qu'il souhaite.
> Pour en savoir plus.
> Cadeau : un petit making-of via Twitter par son auteur.

15/12/2018

Le pain anticapitaliste




14/12/2018

Marché solidaire zapatiste

08/12/2018

Scop en danger, merci Macron !

06/12/2018

Dialoguer pour avancer

"Petit manuel de discussions politiques. 
Réflexions et pratiques à l’usage des collectifs"
de Gaëlle Jeanmart, Cédric Leterme, Thierry Müller


Editions du Commun
Présentation : « Comment organiser et animer des discussions politiques qui soient à la fois constructives et démocratiques ? Cette question relève souvent du dilemme. Coups de force, dialogues de sourds, raisonnements biaisés, questions provocatrices, réponses à côté… Les médias, nos soirées-débats ou nos repas du dimanche nous abreuvent d’exemples sur les écueils qui conduisent nos discussions politiques à une impasse.

Et pourtant, les espaces politiques peuvent-ils se passer de la discussion ? Sans elle seraient-ils encore démocratiques ? Ce petit manuel propose des pistes concrètes pour (ré)apprendre à discuter ensemble, et à faire ainsi du groupe où l’on s’engage un champ d’intelligence partagée. Ce livre combine vigilance pratique du manuel et inter- rogation plus théorique sur les enjeux des processus de discussion, sur leurs limites, leurs points aveugles et leurs présupposés.

Ce travail est le fruit de la rencontre entre deux militants et une formatrice en animation de discussions philosophiques, Thierry Müller et Cédric Leterme, qui participent activement au collectif Riposte, et Gaëlle Jeanmart, qui coordonne l’association PhiloCité. Ensemble, ils ont expérimenté et réfléchi durant un an la pratique de la discussion politique. »
Editions du Commun, 146 pages, 12 euros. Sorti en avril 2018.

05/12/2018

Toujours vivant, toujours gagnant

Yann Fastier
"Zapata est vivant !" de Yann Fastier
« Ils ont tué Zapata. Mais Zapata n’est pas mort. Zapata est vivant. Poursuivant son projet de présenter aux jeunes lecteurs des personnages historiques intègres, Yann Fastier propose une évocation graphique et quasiment mythologique du révolutionnaire mexicain. »
Editions du Poisson soluble, 40 pages, 16 euros.
> Feuilleter le livre.

04/12/2018

À la une de Siné mensuel de décembre

Vient de paraître

Daniel de Roulet"Dix petites anarchistes"
de Daniel de Roulet


Présentation : Suisse, fin du XIXe siècle. À Saint-Imier, on vivote entre misère et exploitation, entre les étables et une industrie horlogère encore balbutiante. La visite de Bakounine, plein de l’ardeur de la Commune de Paris, éveille l’idée qu’une autre vie est possible. Dix jeunes femmes font le pari insensé de bâtir, à l’autre bout du monde, une communauté où régnerait "l’anarchie à l’état pur". Valentine, dernière survivante des "dix petites anarchistes", nous fait le récit de cette utopie en acte qui les conduit de Suisse en Patagonie jusqu’à Buenos Aires, en passant par l’île de Robinson Crusoé.

L’extraordinaire épopée de femmes soudées par un amour farouche de la liberté, qui ont choisi de "se réjouir de l’imprévu sans perdre la force de s’insurger".
Éditions Buchet-Chastel, 144 pages, 14 euros.
Interview audio de l'auteur à écouter sur le podcast de "Nectar"(RTS) 

(lien sur la page de l'éditeur - ci-dessus).

03/12/2018

"Une histoire populaire de la France..."

"De la guerre de Cent Ans à nos jours"
de Gérard Noiriel

Noiriel
Présentation : « En 1841, dans son discours de réception à l’Académie française, Victor Hugo avait évoqué la “populace” pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu’il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement, le mot “misérable”, qu’il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d’Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, Eugène Sue découvrit les réalités du monde social qu’il évoquait dans son roman. L’ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d’être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. »

La France, c’est ici l’ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l’État français. Dans cette somme, l’auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé son histoire depuis la fin du Moyen Âge : les guerres, l’affirmation de l’État, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l’esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Editions Agone, 832 pages, 28 euros.

02/12/2018

Un peu de légèreté pour les fêtes...

"C'est pas parce qu'ils sont nombreux 
à avoir tort qu'ils ont raison !
12 923 citations pour aiguiser l'esprit critique"

Une anthologie de Jean-Pierre Boyer


Une banque vous prête un parapluie quand il fait beau et vous le reprend quand il pleut (George Bernard Shaw) ; Les livres : sève vivante des esprits immortels (Virginia Woolf) ; Toute révolution devrait commencer par une réforme du dictionnaire (Victor Hugo).

EcosociétéPrésentation : Loin des lieux communs et du prêt-à-penser idéologique, cette anthologie rassemble 12 923 citations, aphorismes et proverbes à teneur philosophique, sociopolitique, humoristique et poétique, selon une cartographie sémantique originale. Donnant la parole à quelque 3 500 auteur.e.s qui se sont exprimé.e.s depuis quatre millénaires et sur les six continents, cet ouvrage vous fera vivre un voyage à travers le temps et les cultures qui ont façonné l’histoire de l’humanité, depuis  l’invention de l’écriture jusqu’à l’ère des téléphones "intelligents".

Argent, baiser, bêtise, colère, capitalisme, fin du monde, folie, gouvernement, guerre, préjugé, révolution et xénophobie sont quelques-unes des 708 entrées de cette anthologie hors du commun. De Bouddha à Beauvoir, en passant par Platon, Thoreau, Marx, Arendt, Senghor, Mandela, Bersianik, Giroud, Kristeva, Weil, Leclerc, Vian ou Miron, ces citations ont été choisies pour stimuler l’imagination, la créativité, la réflexion et l’esprit critique. Car comme le disait Coluche avec mordant, c’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison !

Unique et solidement documenté, cet ouvrage est une ressource indispensable à nos quêtes de sens individuelles et collectives, en ce XXIe siècle chargé d’enjeux et de défis à relever.

Editions Ecosociété, 780 pages, 28 euros. Sortie octobre 2018.

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