09/04/2020

Covid-19, initiatives solidaires

entraide
Lu sur Covid-entraide.fr.

Un autre monde est déjà à l’œuvre
Alors que le monde se renferme jour après jour dans le confinement des existences, des bribes de solidarité spontanées germent, innombrables, ici et là, d’un étage d’immeuble à l’autre, et comme les branches du lierre s’étendent puis s’entrelacent entre les habitations, puis les quartiers, les villes pour mailler un réseau d’entraide, d’entr’aide, l’aide de personne à personnes, de groupes de personnes à personnes.

À cette spontanéité humaine et sociale à tendre l’un vers l’autre lorsque nos vies sont brutalement bouleversées, se superposent les tissus sociaux de solidarité préexistants : autant de fils d’association entre individus déjà organisés avant la pandémie qui prennent tout leur sens dans l’harmonisation et l’organisation de ces élans d’entr’aide, qui bourgeonnent mais se fanent parfois aussitôt, de ne pas trouver le terreau pour s’enraciner, se déployer et se renforcer dans la durée.

Avec Covid-entraide nous avons voulu d’une part offrir à ces réseaux pré-existants une plate-forme, des outils et des espaces communs qui leur offrent une visibilité, la possibilité d’être rejoignables et facilitent la mise en place locale d’une auto-organisation en dépit du confinement. Et d’autre part nous avons aussi eu envie de mettre en avant toutes ces magnifiques initiatives isolées qui ont spontanément fleuri un peu partout et qui gagnent à être connues mais peinent à rejoindre celles et ceux qui pourraient en bénéficier. Aussi, nous avons entrepris de recenser nombre de ces initiatives, en espérant que cela puisse les soutenir, les renforcer et en inspirer d’autres ailleurs, partout.

Nous avons préféré privilégier les initiatives désintéressées et indépendantes et n’avons pas entrepris de faire figurer dans ce référencement les cadres de solidarité institutionnelle ou les entreprises marchandes (bien qu’AMAP ou initiatives du planning familial ne nous soient pas hostiles bien évidemment, mais nous pensons qu’ils trouvent d’autres espaces de visibilité et n’ont pas besoin des nôtres).

Si nous entreprenons cette fastidieuse tâche de référencement, c’est aussi parce que nous sommes fermement convaincu.e.s que le système que nous avons connu avec ses réalités sociales d’isolement, de précarité, de profondes inégalités ne va que s’accentuer avec la sortie du confinement, et que le monde que nous avons vécu va connaître des changements profonds, brutaux, où les tissus de solidarités, l’entr’aide que nous œuvrons à susciter et encourager, seront déterminantes, vitales mêmes pour tous les laissés pour compte, qui seront sans aucun doute innombrables. Se connaître, se rencontrer, s’aider seront des socles et des espaces qui offriront aussi la possibilité de ne pas subir et se soumettre, faute d’autre choix ou d’alternative, aux injonctions à reconstruire ce que la pandémie aura fait s’effondrer.

Cultiver les brèches dans lesquelles il sera encore possible de s’épanouir, de jouir, de créer, de s’aimer et de repenser d’autres avenir possibles, désirables et atteignables, localement ou, on peut rêver, à des échelles beaucoup plus vastes. S’autoriser simplement à croire que le système qui a dépouillé les hôpitaux, asséché et sclérosé les services publics et marchandé la plupart des biens communs, que ce système-là ne pourra pas impunément reprendre la barre du navire et continuer à nous mener au naufrage écologique, économique, social, et finalement à l’effondrement de l’humanité et du reste du vivant.

Une vieille rengaine militante répète à l’envi qu’un « autre monde est possible », nous avons envie de montrer que ses ferments sont déjà à l’œuvre et qu’ils demandent simplement qu’on s’en empare activement, dès à présent, sans ménager nos peines, avant que la fin du compte à rebours du déconfinement ne sonne une brutale accélération spatio-temporelle du monde, de nos existences précipitées dans la suite des événements.

> EN SAVOIR PLUS sur COVID-ENTRAIDE.

« Nous avions peu, nous n’avons plus rien »

Lettre ouverte de la Campagne de Réquisition
d’Entraide et d’Autogestion – CREA

Toulouse, 7 avril 2020

Nous, membres de la Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion,
réquisitionnons plusieurs bâtiments des villes de Paris et Toulouse, depuis plus de 9 années. Ces bâtiments sont nos maisons, où depuis peu, se « confinent » plus de 250 personnes, dont plus de 60 familles avec enfants. Sans logement, souvent sans papiers, pauvres et précaires, pris dans le labyrinthe des institutions, nous avons décidé de nous organiser ensemble, déterminés à vivre dignement et par tous les moyens nécessaires.

La pandémie qui traverse actuellement le pays nous frappe de plein fouet. Nous, les sans-droits, les personnes sans papiers, ceux qui ne savent ni lire ni écrire, ceux qui galèrent en foyers, en CRA ou en prison, ceux qui continuent à risquer leur vie au travail, les oubliés de la rue ou des HLM : nous tous et toutes, les pauvres, sommes conscients que nous serons les grands perdants du jeu de l’unité nationale. Les quelques mesures d’urgence fièrement annoncées ainsi que leurs grands discours ne sont que des cache-misère, qui ne correspondent en rien à la réalité de l’urgence sanitaire et sociale. Tout le monde sait que nous sommes ceux qui allons manger ce virus en pleine gueule.

Nos vies ont basculé le premier jour du confinement, ce 17 mars 2020. Nous avions peu, maintenant nous n’avons plus rien. On survivait, maintenant on crève de faim. Les fermetures brutales des réseaux d’aides alimentaires, des cabinets d’avocats, des écoles, des cabinets médicaux, des bureaux d’aide sociale nous plongent dans des situations de grande détresse et nous rendent encore plus démunis. Alors, de fait, nous sommes obligés de nous exposer, que l’on soit malades ou en bonne santé, sujets à risques ou âgés. Aller chercher les devoirs à l’école, car sans ordinateur ni imprimante ; sortir faire des courses quotidiennement, car sans revenus qui nous permettent de voir plus loin ; sortir pour récupérer quelques vivres distribués par les réseaux d’entraide, courir après les petits boulots non déclarés, voilà à quoi nos quotidiens sont contraints, tout ça dans la peur de subir la police, ses contrôles et ses violences auxquelles nous sommes trop habitués. Nos enfants prennent encore plus de retard sous nos yeux impuissants : abandonnés des suivis pédagogiques et du soutien scolaire. Nos corps se meurtrissent encore un peu plus sans possibilité d’accès aux soins. Mal-logés et mal-nourris, nous ne pouvons compter que sur ceux pour qui la solidarité n’est pas un « élément de langage et de communication », dépendants de leurs possibilités d’action au jour le jour. (...)

> LIRE LA SUITE DU COMMUNIQUÉ.

05/04/2020

Nouvelles anars

litterature socialeConsultable et téléchargeable gratuitement.
"Nouvelles anarchistes.
La création littéraire dans la presse militante (1890-1946)",
par Vittorio Frigerio (dir.)

UGA (Université Grenoble Alpes) Editions.

Présentation de l’éditeur : Écrivains improvisés promis à un oubli immédiat, jeunes débutants à l'avenir brillant ou plumes rôdées ayant déjà fait leurs preuves dans les revues qui comptent ; polygraphes frénétiques, paisibles philosophes entichés de fiction et marginaux colériques avec des comptes à régler ; idéalistes confiants dans la bonté fondamentale de la nature humaine et propagandistes désabusés persuadés qu'il n'est guère besoin d'espérer pour entreprendre. Ils se retrouvent tous dans les pages des myriades de feuilles militantes produites par le mouvement anarchiste à cheval entre le XIXe et le XXe siècle, et ils contribuent à former un ensemble bigarré où tous les styles et tous les genres sont appelés à hâter la venue prochaine du "grand soir" de la révolution sociale.

Symbolisme, naturalisme, réalisme neutre, ou misérabilisme populaire et appel sentimental aux pulsions profondes du cœur humain : la littérature sous tous ses aspects se prête à la mise en forme du message libertaire à travers une floraison de textes, des plus naïfs aux plus élaborés, épicés de mélancolie, d'indignation, de rage parfois, mais aussi souvent imbus de sarcasme vengeur ou d'un humour rafraîchissant.
> Pour télécharger le pdf, cliquer ici puis col. de droite.

"La capitalisme pue la mort !"


"Le Combat syndicaliste" n°452 (avril 2020), de la Confération nationale du travail (CNT-f), est téléchargeable gratuitement ICI.

04/04/2020

Epub gratuit


"Utopies américaines.
Expériences libertaires du XIXe siècle à nos jours",

de Ronald Creagh

Pendant la période de confinement, les éditions Agone vous offrent la version numérique de l’ouvrage "Utopies américaines" : vous pouvez télécharger l’epub en allant sur la page puis en cliquant en bas de la colonne de droite ("Accès libre/Epub").

Présentation : Du voyage du socialiste gallois Robert Owen en 1825 aux premières communautés fouriéristes, des mouvements contestataires des années 1960 à l’écologie et aux groupes punks ou lesbiens d’aujourd’hui, les États-Unis ont abrité nombre de communautés utopiques. Souvent installés comme jadis les moines dans des paysages magnifiques et isolés, mais aussi dans l’hôtel d’un village de l’ancienne Réserve de l’Ouest ou exploitant une mine de charbon sur leur territoire, ces groupes mettent à l’épreuve une volonté de vivre en dehors de la logique de la société dominante. En revenant sur près de deux siècles d’expériences communautaires, ce livre lève non seulement le voile sur un phénomène méconnu et toujours actuel, mais le réinsère parmi les tentatives de lutte contre un système omnipotent, ouvrant une autre voie, originale et non exclusive, vers l’émancipation sociale.
Editions Agone, 400 pages. Sorti en 2009.
Prix en format numérique hors confinement : 17,99 €.

> LA PAGE POUR LE TÉLÉCHARGER.

03/04/2020

Libre et gratuit

“Alternative libertaire” d’avril
téléchargeable gratuitement en PDF
 
Ce mois-ci, pour la première fois depuis près de trente ans, Alternative libertaire ne paraît pas au format papier. En raison du coronavirus, l'imprimeur a stoppé ses machines, et il n'y a aucune garantie de distribution en kiosques. Le numéro étant bouclé, il sera donc disponible en ligne.

Dossier spécial Covid-19 : en luttant contre le virus, transformer la société ; la crise financière qui vient ; causes et conséquences écologiques de la pandémie ; droit de retrait chez Amazon ; contre le racisme anti-asiatique. Retour sur la grève dans les raffineries ; discriminations des femmes handicapées ; safe city et contrôle social ; résultats du RN aux municipales ; les communistes libertaires et l’autodétermination des peuples ; Gustav Landauer et la Révolution allemande ; le socialisme sauvage...
POUR LE LIRE EN LIGNE OU LE TÉLÉCHARGER, CLIQUER SUR L'IMAGE. 😉

29/03/2020

Vient de paraître

"Des inégalités sociales",
d’Equipo Plantel
et Joan Negrescolor


Présentation de l'éditeur :
«Tous les hommes sont égaux mais pourquoi y a-t-il des gens très riches et des gens très pauvres ? Pourquoi y a-t-il des gens qui travaillent beaucoup pour gagner peu d’argent et des gens qui ne travaillent pas et qui gagnent beaucoup d’argent ? C’est par ces mots que commence l’album. Le ton est donné dès le départ : des phrases étonnantes, drôles, qui font réagir petits et grands, renforcées par des illustrations parlantes et colorées.

À partir d’exemples marquants, le concept des classes sociales est expliqué aux enfants : certains possèdent des voitures exagérément luxueuses, des yachts de la taille d’une maison et des maisons qui ressemblent à des palais, tandis que d’autres ne disposent pas d’un logement digne et ont du mal à s’en sortir. Le mécanisme est bien rodé : comment pourrait-il changer ?

Porté par des illustrations vives et explicites, cet album présente avec simplicité et humour des concepts politiques et sociaux forts. Le point de vue qui s’en dégage est volontairement radical : les enfants ont enfin leur petit Bourdieu illustré ! »
Éditions Rue de l’Échiquier, 48 pages, 14,90 euros. Pour 6 - 8 ans. Sorti le 19 mars.

28/03/2020

Une autre histoire...

Avec "Les Odyssées", France Inter invite les enfants
de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures
des grandes figures de l’Histoire.

Pour écouter et faire écouter le podcast  
“Alexandre Marius Jacob : cambrioleur et justicier”
(et anarchiste), de Laure Grandbesançon,
cliquer ICI.

Cambrioleur anarchiste

Bande annonce du film "Marius Alexandre Jacob et les travailleurs de la nuit",
d'Olivier Durie (2011).

Une usine sous gestion ouvrière se mobilise

22/03/2020

"Loi d'urgence", gare aux mauvaises surprises

neoiberalisme

Vigilance et résistance,
confinement n'est pas synonyme de résignation.
Quand la fièvre nous prendra vraiment,
plus rien ne sera comme avant. Vraiment.

08/03/2020

Femmes en lutte(s)


D'autres infos sur l'histoire des luttes des femmes, cliquez sur le pavé ci-dessus.

"Pour la Commune"

zapatistes
Texte de Raoul Vaneigem, février 2020.
(extraits) Tiré du site La voie du jaguar. Texte complet ICI.

(...) Le plus grand danger qui nous menace c’est de manquer d’audace. C’est de ne pas faire confiance en nos propres capacités, de sous-estimer notre inventivité. Attendre des solutions de l’État nous condamne à végéter dans sa carcasse pourrissante. Comment oublier que la loi du profit, qui détermine toutes les lois du système, consiste à reprendre d’une main ce qui a été donné de l’autre. Dialoguer avec l’État, c’est entrer dans la gueule du monstre.

L’important est moins de le percer de nos coups que de lui substituer un ensemble de microsociétés humaines où la liberté de vivre s’emploie à expérimenter les richesses de sa diversité et à harmoniser ses options contradictoires.

Ni dirigeant ni représentant autoproclamés. Outre les chefs, les assemblées auto-organisées excluent les appareils politiques et syndicaux et ceux qui seraient délégués par eux. Les membres de ces assemblées sont prêts, en revanche à discuter à titre personnel avec tous les individus, militants et non-militants, quelles que soient leurs opinions religieuses et idéologiques. Ils estiment en effet que la lutte sociale pour une société plus humaine et plus généreuse l’emporte sur les représentations du monde que chaque personne édifie en raison de son histoire particulière. Ils n’appellent pas à renoncer à des convictions personnelles mais à les dépasser, c’est-à-dire à les resituer dans des conditions qui permettront de les nier sous leur forme ancienne et de les conserver sous leur forme nouvelle. Tolérance pour toutes les idées, intolérance pour tout acte inhumain.

La Commune est le lieu de la vie retrouvée. C’est une agora de liberté où tous les avis ont l’avantage de s’exprimer, d’être entendus et de se concrétiser sous forme de décisions collectives. Pourquoi ? Parce qu’elle rassemble au départ un petit nombre de gens qui se connaissent ou apprennent à se connaître. Ils ont le privilège d’occuper un terrain qui leur est familier, où ils sont les mieux à même d’intervenir en connaissance de cause. Ils ont l’avantage d’être dans une proximité à laquelle la fédération des communes prête une distance critique, une conscience affinée.

Chaque commune est la base d’une multitude d’entités similaires. Leur fédération formera un tissu social capable de supplanter un État qui ne cesse de dégrader les conditions d’existence. C’est là, sur le terrain de notre existence quotidienne, que notre créativité a le plus de chance de battre en brèche l’impérialisme étatique et marchand. L’être humain a toujours plié sans se rompre. C’en est fini de courber la nuque, c’en est fini de ce monde où, comme se désolait Chamfort, le cœur n’a que le choix de se briser ou de se bronzer.

Le combat de la Commune est celui de la générosité humaine contre la dictature du profit. Nous n’allons pas tolérer que le capitalisme mondial et le calcul égoïste pollue notre environnement et notre conscience humaine. L’aide aux plus démunis relève des assemblées populaires non de la froide juridiction étatique et de ses souteneurs xénophobes, racistes, sexistes. L’élan de la solidarité porte à une irrépressible et insolite sensation : la vie va si vite que nous n’avons plus le temps de mourir. L’insurrection est une cure de santé.

La femme est à la pointe du combat pour l’être humain. Là réside son unité. C’est une unité revendicative qui menace la tradition machiste et les résurgences patriarcales. Comment s’étonner que le pouvoir tente de la morceler en catégories afin de les dresser les unes contre les autres et de « diviser pour régner ». Traiter la femme comme une abstraction permet en effet de lui faire assumer des rôles et des fonctions réservés jadis au patriarcat. Le sens humain n’est pas présent avec la même intensité chez la policière, la tortionnaire, l’affairiste, la militaire, la mafieuse, l’autocrate et chez l’insurgée qui lutte pour une égale émancipation de l’homme et de la femme. Mais partout où le noyau d’humanité n’a pas disparu tout à fait, pourquoi ne pas faire confiance à la vie pour venir à bout de la carapace oppressive ?

La Commune est notre territoire, notre existence y est légale. À cette légalité naturelle, l’État a substitué une légalité que rien ne nous oblige à reconnaître. N’est-il pas devenu caduc le contrat social par lequel il s’engageait, en échange de prélèvements fiscaux, à nous garantir écoles, hôpitaux, transports, moyens de subsistance ? À cela s’ajoutent les mesures arbitraires attentatoires à la dignité humaine que son totalitarisme démocratique multiplie. N’est-il pas, dès lors, évident que nous sommes dans la légalité et qu’il est lui, de facto, dans une illégalité qui, du point de vue de ses propres lois, nous autorise à le bannir ? Cependant, la structure municipale qu’il a implantée est toujours en place. Elle fait du maire un fonctionnaire soumis à son autorité. Pris en tenaille entre la représentation de l’État et la représentation de la population locale, il navigue entre l’honnêteté, la corruption, la modestie du porte-parole et l’arrogance de l’édile intronisé. Comment les assemblées d’autogestion peuvent-elles, sans se renier, coexister dans le cadre d’une organisation municipale inféodée à l’État ? À chaque territoire en voie de libération, ses propres formes de lutte.

Quelles relations avec la mairie traditionnelle ? Nul n’ignore que l’expérience de la démocratie directe marque une rupture avec les modes de scrutin que le rituel électoral nous impose. À la différence du vote organisé par le clientélisme politique, la Commune est l’émanation d’assemblées de proximité. Les problèmes qu’elles abordent sont des problèmes concrets, qui se posent à la population d’un village, d’un quartier urbain, de la région environnante où leur fédération prête une vision globale, mondiale, à des décisions prises localement. Elles sont issues d’un milieu où chacun est concerné et sait de quoi il parle. Elles concrétisent une pratique de vie, non une pratique de l’idéologie. La mairie est une antenne, elle est moins à l’écoute des citoyens que de l’État qui les gouverne. Or, pour nous, la Commune est un monde appelé à éradiquer la mondialisation du profit.

Le tambour de l’unité résonne partout. Quelle unité ? Appeler à l’unité et à la convergence des luttes, c’est prendre les choses à rebours. Les déclarations abstraites, si généreuses qu’elles se veuillent, sont des leurres. Elles empruntent le vieux chemin des bonnes intentions. L’espérance n’en finit pas de trébucher de triomphalisme en défaitisme. Allons-nous une fois de plus nous enrôler dans ces fronts censés mobiliser l’énergie de tous et de toutes contre ce qui se borne à porter un des masques de l’oppression globale ? Lors de la révolution espagnole, Berneri avait lancé cette mise en garde : « Seule la lutte anticapitaliste peut s’opposer au fascisme. Le piège de l’antifascisme signifie l’abandon des principes de révolution sociale. » Et il ajoute : « La révolution doit être gagnée sur le terrain social et non sur le terrain militaire. »

À quoi tient la force poétique des Gilets jaunes et des assemblées auto-organisées ? Au fait qu’ils mettent au premier plan des problèmes économiques, sociaux, psychologiques auxquels personne n’échappe en ces temps de mutation (permaculture, interdiction des pesticides, blocage des circuits marchands, éradication des nuisances pétrochimiques et nucléaires, exploration énergétique, revivification du tissu rural et urbain, rupture avec le fétichisme de l’argent, reconstruction de l’enseignement, guérilla menée selon le principe « Ne jamais détruire un homme et ne jamais cesser de détruire ce qui le déshumanise »).

La véritable unité, c’est le combat pour le mieux vivre.
La désobéissance civile est un droit imprescriptible partout où règne le droit d’opprimer. La rédaction d’une charte issue des Communes et de leurs assemblées pourrait en garantir le principe et donner ses assises à la légalité d’une démocratie que sa poésie pratique affranchisse à jamais de l’emprise étatique et marchande.
À bas la république des affaires ! Vive la république du sens humain !

07/03/2020

Souvenir... Hommage...

"Répression" et "Exil" (1972), de Colette Magny,
chanteuse et autrice-compositrice-interprète (1926-1997) + Interview.

 

05/03/2020

"L'âge de faire" de mars

mars 2020Au sommaire du n°150
de "L'âge de faire" (mars)

• Édito : Le débat tronqué sur la police municipale • Saillans, ou la démocratie expérimentale • Bière + pain : la brewlangerie ! • Une création collective contre les meurtres d’amérindiennes • Entretien enseignement : « La profession n’a jamais été aussi énervée ! » • Projet Iter • Lessive à la cendre • La nouvelle vague des magasins participatifs • Carte de la presse pas pareille • Assange • Huile de palme, le gouvernement plie face à Total • Réforme des retraites : quand la technocratie prend la main • Zehra Doğan : l’art et la liberté plus forts que toutes les chaînes • 5G mon amour • L’atelier Opération zéro déchet !...

Dossier "Jeunes des années 2020"
« Muriel est partie avec trois sous en poche en Palestine pour y rencontrer des paysans, Billel fait des maraudes pour porter des repas aux sans-abri, Noémie organise des ateliers autour de la décolonisation avec des adolescents, Geronimo documente la lutte des Gilets jaunes, Tristan part à la recherche de géants… Ils n’ont pas 25 ans mais construisent déjà un monde plus juste et joyeux. Rencontres. »
> Pour en savoir plus / commander le numéro (2 euros).

04/03/2020

"La Petite République de Saillans"

participatif
"Une expérience de démocratie participative", de Maud Dugrand

Présentation : « En mars 2014, alors que le Front national fait une percée historique dès le premier tour des élections municipales, Saillans, un village de 1 300 habitants dans la Drôme, renverse la table. Des citoyens débutants en politique décident, sans programme ni candidat, de plancher sur les priorités de la commune. Le succès est immédiat et inattendu. Pour la première fois, des habitants prennent la parole, réfléchissent collectivement à une autre façon de faire vivre la politique locale. La liste citoyenne "Autrement pour Saillans… tous ensemble" se constitue. Le 23 mars 2014, elle remporte les élections dès le premier tour avec 56,8 % des voix. Depuis six ans, les habitants de Saillans expérimentent un modèle de démocratie citoyenne où les décisions sont prises en concertation. De nouvelles façons d’exercer le pouvoir mais aussi de vivre ensemble. La journaliste Maud Dugrand, originaire du lieu, était la mieux placée pour nous raconter cette histoire. À l’heure où se profilent de nouvelles élections, elle fait le bilan d’une expérience sans équivalent, qui répond à sa manière aux aspirations réitérées à une renaissance démocratique. »
Éditions du Rouergue, 160 p., 17 €. Sorti en février 2020.
> Lire un extrait.

29/02/2020

Salon du livre d'histoire sociale

25/02/2020

La Marseillaise de Graeme

Le chanteur auteur-compositeur-interprète Graeme Allwright, décédé le 16 février dernier, avait proposé de remplacer les paroles guerrières de La Marseillaise par de plus pacifiques, solidaires et humanistes, écrites avec Sylvie Dien... Hommage.



Pour tous les enfants de la Terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L’étendard d’espoir est levé
L’étendard de justice et de paix.
Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur
Que règnent au fond de nos cœurs
L’amitié la joie et le partage.
La flamme qui nous éclaire,
Traverse les frontières
Partons, partons, amis, solidaires
Marchons vers la lumière.
   Graeme Allwright, Sylvie Dien
  Texte libre de droits, à distribuer sans modération.

16/02/2020

Changeons nos villes !


« Basta ! et Politis sont fiers de vous informer de la sortie en kiosque, jeudi 13 février, du hors-série « Atlas des alternatives » commun sur les alternatives communales. En 52 pages, ce numéro dresse un panorama de ce que font plusieurs villes, grandes ou petites, face à l'urgence climatique ou pour préserver les biens communs. Si vous ne le trouvez pas en kiosque, vous pouvez remplir le bon de commande sur le site de Politis (ou directement en ligne). Le produit des ventes sera réparti entre les deux médias.

Ce hors-série vise à alimenter le débat public et politique, à inspirer élus et candidats "citoyens", à alimenter de nouvelles dynamiques et revendications, à l’heure où le pays vit une inaction gouvernementale sur de nombreux sujets, comme l’urgence climatique ou la lente destruction des services publics. Depuis plusieurs années, le local (villes, communes, etc.) commencent à apparaître comme de véritables leviers pour changer les choses et protéger des biens communs à l’échelle territoriale : arrêtés anti-pesticides, remunicipalisation de services publics (eau, énergie...), soutien à des expérimentations alternatives ou à des coopératives, politiques volontaristes de transports en commun. »

SOMMAIRE
1. Bâtir écologique et social 
Faire face à la spéculation immobilière, au gaspillage énergétique...
> Vaulx-en-Velin (Rhône). Une maison de retraite coopérative pour que « les vieux » ne deviennent pas « des marchandises »
> Montreuil (Seine-Saint-Denis). Bâtiments publics écologiques : une école en paille.
Villefontaine (Isère). Un HLM en terre.
> Grenoble (Isère). Réparer son vélo, un cadre de résistance.

2. Face à l’urgence climatique
Que peuvent-faire les villes et territoires face à l’urgence climatique ? Constituent-elles un levier d’action face à l’inaction des États et des grandes entreprises ? À quelles conditions ?
> Roubaix (Nord). Des familles « zéro déchet », heureuses de « protéger la Terre et nos petits-enfants ».
> Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais). Ville verte en terres brunes / Villes zéro émissions / Les emplois de la transition.
> Rennes (Ille-et-Vilaine). Agriculture urbaine, une ville à croquer.
> Molène, Ouessant et Sein (Finistère). Le Ponant met le cap sur les renouvelables,
contre les énergies fossiles.
> Saint-Etienne (Loire). Les cantines scolaires bio et pas cher, c’est possible.
> Carte des villes en état d’urgence climatique (infographie).

3. Biens communs municipaux
Face à la lente destruction des services publics, leur réappropriation par les citoyens, des élus locaux (et de proximité), des fonctionnements plus transparents, donc démocratiques…
> Briançon (Hautes-Alpes). Remunicipalisation des services publics.
> Roquevaire (Bouches-du-Rhône). Quand l’eau « vitale » est gratuite.
> Pays basque (Pyrénées-Atlantiques). Monnaie complémentaire :
bienvenue en zone eusko
> Dunkerque (Nord). Une agglomération qui roule au sans-ticket, transports publics gratuits.

4. Villes ouvertes, villes sans peurs
À rebours de certaines tendances nationales, des communes osent des politiques audacieuses, courageuses et généreuses.
> Trappes (Yvelines). Des cours de récréation antisexiste.
> Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). La Maison des femmes.
> Pays basque (Pyrénées-Atlantiques). Réseaux solidaires avec les migrants.
> Marseille (Bouches-du Rhône). Potager populaire.

11/02/2020

Journées libertaires de Pau

 Journées libertaires de Pau, 13e édition, du 25 au 28 février 2020.
Le programme > Cliquez sur l’affiche.

07/02/2020

"Siné mensuel" de février est en kiosques

fevrier 2020

01/02/2020

Vient de paraître

Davranche
“Dix questions sur l’anarchisme”
de Guillaume Davranche

Présentation de l'éditeur : « Qu’est-ce que l’anarchisme ? Ses adversaires expédient volontiers la question en le réduisant à un milieu contre-culturel, à un état d’esprit anticonformiste, à une posture esthétique… Autant de façons de lui rogner les griffes, de le dépolitiser, de le sortir de l’histoire. Ce petit livre montre en quoi il est, au contraire, un courant très politique, structuré, porteur d’une alternative au capitalisme et d’une vision globale de transformation de la société.
En s’appuyant tant sur les "grands auteurs" du passé que sur les orientations actuelles du mouvement libertaire, l’auteur s’efforce de répondre succinctement à dix questions que peuvent se poser celles et ceux qui veulent en savoir plus : d’où vient l’anarchisme et quel est son projet économique et démocratique ? Quelle est son approche écologiste, son implication féministe ? Quelle est sa politique vis-à-vis des nationalités et des religions ? Quelles sont ses stratégies d’action et ses modes d’organisation ? Comment a-t-il agi dans les révolutions passées ?
Une vingtaine de portraits de militantes et militants historiques – de la Corée au Mexique, en passant par l’Algérie, l’Espagne et la France – complète ce tour d’horizon.

Guillaume Davranche est journaliste et chercheur indépendant. Il est l’auteur de Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à guerre (1909-1914), et a collaboré au dictionnaire Maitron des anarchistes.
Editions Libertalia, 120 p., 5 €.

26/01/2020

Commune de Paris

"La Commune (Paris, 1871)", de Peter Watkins (partie 2).
Décidément, je ne m'en lasse pas.