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13/09/2022

La Fête des Possibles, c’est maintenant !


Jusqu'au 25 septembre,
dans toute la France et en Belgique.
La Fête des Possibles 2022 a pour objectif de rendre visibles toutes les initiatives citoyennes qui construisent une société plus durable, humaine et solidaire, et d’inviter toutes et tous à découvrir ces initiatives puis à agir.

Qu’ils cultivent la terre dans des jardins partagés, montent des projets d’énergies renouvelables citoyennes, s’investissent dans des associations de solidarité ou pour plus de démocratie directe dans leur commune, la coopération est importante pour les créateurs·trices de possibles. Tous les ans, sont organisés des villages associatifs, festivals, projets communs qui réunissent 2, 3 ou des dizaines d’initiatives ! La Fête des Possibles, ce sont aussi des formats variés pour découvrir comment faire changer son territoire : un atelier dans un jardin partagé, une visite de ferme avec une AMAP près de chez soi, une balade à vélo des lieux de la transition du coin, un rassemblement sur une place publique pour discuter du futur de son territoire, un atelier d’éco-construction dans une ressourcerie, un banquet végétarien participatif, une soirée projection/débat, un parcours pédagogique sur l’efficacité et la sobriété énergétiques… il y en a pour tous les goûts !

> Connaître un rendez-vous Fête des Possibles près de chez vous.

11/06/2022

Alternatives anticapitalistes au quotidien

Interview à découvrir sur Reporterre (8 juin 2022).

Dans les campagnes, « nous pouvons reproduire
de petites sociétés autogérées »

Elle dépeint les espoirs et les enjeux d’une société inspirée par l’écoféminisme où l’entraide mènerait à la subsistance et à l’ancrage local : Geneviève Pruvost, autrice de Quotidien politique - Féminisme, écologie, subsistance (La Découverte), est l’invitée des Grands entretiens de Reporterre.

« (...) Le capitalisme industriel est fondé sur l’hégémonie technique. Quand il y a une nouvelle technologie, elle doit détruire les autres. Ce que racontent les alternatives écologiques que j’ai pu observer, c’est justement une recomposition, un réaménagement des priorités techniques, de l’agenda, de la manière dont on va gagner de l’argent. (...) »

Présentation de “Quotidien politique”
par son éditeur :

Fin des sociétés paysannes, cuisines équipées, bétonisation des terres arables, effacement des savoir-faire et cosmogonies autochtones, ignorance des rythmes du monde vivant… Ces phénomènes divers que l’on apprend aujourd’hui à déplorer sont bel et bien liés, nous disent depuis un demi-siècle des théoriciennes écoféministes, critiques de la modernité industrielle. C’est à leurs pensées, méconnues en France, ainsi qu’aux leçons existentielles et politiques qu’il convient d’en tirer, qu’est consacré cet ouvrage. L’autrice explore les alternatives écologiques et anticapitalistes contemporaines pour démontrer que la vie quotidienne est un terrain politique fondateur.

Sans politique du quotidien, sans reconstruction collective et radicale de notre subsistance, il n’y aura pas de société égalitaire ni écologique. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la généralisation du salariat qui a permis d’accéder à la société de consommation et au confort appareillé, mais le colonialisme et le travail domestique féminin. Une autre organisation politique de la vie et des rapports à la nature est possible. À condition d’être redistribué, ancré dans une communauté en prise avec un biotope et des usages, le travail de subsistance ainsi repensé devient un facteur d’émancipation. La fabrique du quotidien apparaît alors pour ce qu’elle est : un enjeu révolutionnaire.
La Découverte, 400 p., 22 €. Sorti en septembre 2021.
> LIRE UN EXTRAIT (Calameo).

04/06/2022

“Comment changer le monde ?”

100 réponses issues de 30 pays

De la Seconde Guerre mondiale aux luttes écologistes actuelles, 100 figures militantes, politiques ou intellectuelles racontent leurs plus belles victoires, livrent leurs analyses et prodiguent leurs conseils. Ils et elles démontrent que rien n’est impossible, et que nous pouvons agir. Maintenant.
AVEC :
Lula, Alain Damasio, Caroline De Haas, Alain Badiou, Camille Étienne, José Bové, Rob Hopkins, Michael Löwy, Cédric Herrou, Jean-Baptiste Eyraud, Bernard Friot, Kali Akuno, Nikhil Dey...

Editions L1nterview, 258 pages, 20 euros.
Sorti en mars 2022.
Sommaire complet téléchargeable
sur la page de l'éditeur
(rubrique "extrait").

25/05/2022

Dijon: pérenniser la Zone d’écologies communale

Vu sur dijoncter.info :

Quartier libre des Lentillères (Dijon)
Construire et défendre la Zone d’Ecologies Communale.


180 personnes et collectifs « penseur.euses et bâtisseur.euses de la ville » apportent leur soutien au quartier libre des Lentillères, à sa ZEC (Zone d’Ecologies Communale) ainsi qu’aux formes d’habitats diverses et multiples qui peuplent le quartier.

Le 21 mars 2022, lors du conseil municipal, le maire de Dijon a réaffirmé son intention de s’attaquer au dossier « Quartier Libre des Lentillères ». Il se dit prêt à négocier avec les usagèr.e.s du lieu et avec les Dijonnais.e.s qui voudraient s’impliquer sur ces 8 hectares de terre. Cela sans jamais reconnaître que s’il est en capacité de verdire ses intentions publiquement aujourd’hui, c’est parce que ces terres ont été préservées de l’urbanisation par l’occupation et les formes d’organisation collectives qui s’y inventent depuis 12 ans… N’ayant pas peur de la contradiction, il remet à jour son projet d’urbaniser malgré tout deux des 8 hectares et il menace de nouveau les formes d’autoconstruction et d’habitat qui sont un ressort essentiel de l’occupation et donc de la lutte qui a permis de préserver ces terres. Nous écrivons donc pour soutenir le Quartier des Lentillères, pour contrer le discours de la mairie et pour réaffirmer ce qui selon nous est aujourd’hui en péril mais absolument nécessaire à la vie de ce lieu en lutte. (...)
> LIRE LA SUITE DE L'ARTICLE sur Dijoncter.

> La Fête de printemps des Lentillères aura lieu du 26 AU 29 MAI. Pour en savoir plus.

13/05/2022

“Comment nous pourrions vivre”

Nouvel hors-série de la revue “Socialter”

Fort du succès des précédents hors-séries sur les imaginaires, le vivant, le temps et l'écologie, le magazine indépendant Socialter récidive sur le thème des utopies avec cette nouvelle édition au format de 180 pages. 

« D’impératif politique, le slogan "un autre monde est possible" devient impératif vital. Pour affirmer cette possibilité, il faut rouvrir l’horizon : se rappeler "Comment nous pourrions vivre", selon la formule de William Morris. Nous pourrions désespérer de chercher la sortie à tâtons dans le noir, mais l’obscurité a ses vertus : elle aide l’imagination à se déployer. Toutefois l’imagination, l’horizon utopique, n’est pas tout : il faut s’appuyer sur l'élan déjà là, dans les interstices de ce monde, cultivé par des gens qui donnent à voir d’autres façons de vivre, d’autres repères. L’élan réside aussi en nous : il faut aussi chercher la force de dire non, lorsque le refus devrait être un devoir.

Il y a tant à opposer à ce monde : l’aspiration à la beauté plutôt que la production de la laideur, la coopération plutôt que la compétition, la recherche de l’échelle adéquate plutôt que le gigantisme, l’intermittence plutôt que la veille continue, la participation plutôt que la représentation, la liberté plutôt que la délivrance…

Dans les 180 pages de ce hors-série, Socialter remet les clés à l’écrivaine et militante Corinne Morel Darleux afin de trouver des lignes de fuite et les sentiers qui, là, sous notre nez, pourraient nous y mener. »

> Le SOMMAIRE complet et la possibilité de précommander
ce hors-série
(19 €, jusqu'au 20 mai minuit) ou simplement de soutenir financièrement le projet.
> Le site de SOCIALTER.

28/02/2022

Rendre le pouvoir aux citoyens ?
Louviers 1965-1983


Louviers, dans l'Eure, 20 000 habitants. De 1965 à 1983, la municipalité nouvellement élue, sous la houlette d'Ernest Martin, met en place une politique innovante d'initiatives citoyennes. Plus de cinquante ans plus tard, bilan d'une expérience de démocratie participative à l'échelle communale.
Un reportage de France Culture de 2019 à écouter ICI.

27/02/2022

Refleurissons notre quotidien

Bye bye béton
“Opération Bye bye béton”
d’Ophélie Damblé et Roca Balboa 

Présentation par l’éditeur : Camomille et ses ami·es aimeraient plus de verdure dans leur cour d’école, dans leur ville... et dans leurs vies. Mais comment faire ? Un incident survenu à l’école va les aider à convaincre tout le monde de la beauté et de l’utilité de faire une plus grand place à la nature. C’est parti pour l’opération bye bye béton !

La végétalisation urbaine, l’écologie du quotidien et le regard que nous portons sur les plantes qui nous entourent sont abordés avec humour dans ce premier album jeunesse d’Ophélie Damblé illustré par Roca Balboa, qui prête à cette aventure écolo son univers pop et coloré, fourmillant de 1000 détails cocasses ou adorables.

Ophélie Damblé est la créatrice de la chaîne YouTube « Ta Mère Nature ». Communicante de formation, elle plaque tout en 2017 pour se reconvertir dans le maraîchage bio. Elle se partage entre l’agriculture urbaine et la création de contenus. Elle a publié Guerilla Green et Manifeste pratique de végétalisation urbaine.
Roca Balboa est illustratrice, créatrice d’objets et de textiles, bricoleuse, et tatoueuse.

Éditions La ville brûle, 48 p., 15 €. À partir de 3 ans.
Parution : le 4 mars 2022.
 

> L'article de Vert.éco.


 

25/02/2022

Salon Primevère à Lyon

Les 25-26-27 février 2022 à Lyon, Eurexpo.
Salon-rencontres de l’alter-écologie.
> EN SAVOIR PLUS.

22/02/2022

En salles le 23 février 2022

 
“UN PEUPLE”,

film documentaire d’Emmanuel Gras

« En octobre 2018, le gouvernement Macron décrète l’augmentation d’une taxe sur le prix du carburant. Cette mesure soulève une vague de protestations dans toute la France. Des citoyens se mobilisent dans tout le pays : c’est le début du mouvement des Gilets jaunes. À Chartres, un groupe d’hommes et de femmes se rassemble quotidiennement. Parmi eux, Agnès, Benoît, Nathalie et Allan s’engagent à corps perdu dans la lutte collective. Comme tout un peuple, ils découvrent qu’ils ont une voix à faire entendre. »

06/02/2022

En salles le 9 février 2022


 “L’Horizon”, film d’Émilie Carpentier.

Synopsis : Au cœur de sa banlieue lointaine où s’enlacent bitume et champs, Adja, 18 ans, brûle du désir de vivre intensément. Elle cherche sa voie entre sa meilleure amie influenceuse qui brille sur les réseaux sociaux et son footballeur de grand frère. L’inattendu que lui propose la ZAD (zone à défendre) installée à la limite de son quartier l’attire. S’y rapprochant d’Arthur, ami de lycée, elle y vit des journées intenses et décisives où le choix d’un monde plus durable lui retourne le cerveau tout autant qu’il l’amène à prendre des risques aux côtés de cette Génération Climat.

Lu sur unificationfrance : « (...) Le film se montre particulièrement intéressant dans sa manière de montrer comment Adja, étudiante pourtant impliquée dans ses études et cherchant à s’intégrer au mieux dans le monde des adultes, va se radicaliser pour défendre des idéaux qu’elle tournait pourtant au ridicule. Le film parvient à ne pas être trop caricatural dans sa manière de caractériser les situations et les protagonistes en s’appuyant sur une intrigue à la fois pédagogique et chargée d’émotion. Si la conclusion aussi surprenante que jusqu’au-boutiste ne manquera pas de diviser le public, on retiendra surtout sa dimension symbolique pertinente invitant chacun à s’impliquer pour bouger les choses.
Le casting est au diapason et joue avec beaucoup de naturel. Il est mis en valeur par une mise scène qui ose proposer de vrais beaux plans de cinéma empêchant L’Horizon d’être classé dans la catégorie téléfilm. (...) »

Interview de la réalisatrice Émilie Carpentier :

30/01/2022

Des utopies pour demain

Utopies
“2030 Glorieuses. Utopies vivantes”,
de Julien Vidal

4e de couv : N’ayons pas peur de l’avenir : un futur enthousiasmant est en gestation ! Bien sûr, il va falloir affronter le chaos climatique et ses conséquences sur toutes les espèces vivantes. Pourtant, en mettant le cap vers une “nouvelle civilisation”, les épreuves à venir seront l’occasion d’inventer ensemble une société durable et solidaire. Il y a eu les "30 Glorieuses" dopées aux énergies fossiles ; il y aura les 2030 Glorieuses nourries par l’entraide, la créativité, l’innovation frugale, la conscience d’un destin commun, l’empathie. Le XXIe siècle sera bien celui des croissances : croissance du lien, croissance de la régénération des écosystèmes, croissance de la reconnexion à nous-mêmes, croissance du partage, croissance du bonheur. Julien Vidal nous propose de voyager dans un futur utopiste dont les germes sont déjà partout autour de nous. Les personnages inspirants qu’il rencontre initient une société régénérative et redistributive en harmonie avec les logiques naturelles : circularité, sobriété, adaptation, multifonctionnalité. Ils sont des milliers dans nos régions à montrer que l’action est le meilleur remède contre le fatalisme et que, si nous agissons avec ambition et amour, la décennie des 2030 Glorieuses est à portée de main. Alors, pour faire advenir le plus tôt possible cette ère nouvelle, rejoignons-les et formons collectivement cette République du Vivant !
Actes Sud,
272 pages, 21 euros. Sorti en janvier 2022.

UtopiesUtopies

25/01/2022

La démocratie à venir selon Murray Bookchin

Bookchin

“La Révolution à venir.
Assemblées populaires et promesses de démocratie directe"

de Murray Bookchin


Présentation par l'éditeur : Comme l’impératif capitaliste du croître-ou-mourir est radicalement opposé à l’impératif d’interdépendance et de limite propre à l’écologie, l’un et l’autre ne peuvent pas coexister ; aucune société fondée sur le mythe d’une réconciliation de ces deux impératifs ne peut espérer survivre. Soit nous établissons une société écologique, soit la société s’effondrera pour tout un chacun, quel que soit son statut social.

S’arrêter au constat que la planète est menacée de destruction ne suffit pas. Bookchin part d’une critique radicale du marxisme et de l’anarchisme, jointe à une analyse des moments dans l’histoire qui ont posé les jalons d’une véritable démocratie – de l’antique cité athénienne aux assemblées anarchistes espagnoles de 1936 – pour développer un projet de société qui repose sur des municipalités autogérées par les personnes qui les habitent, et la formation d’une confédération pour constituer un contre-pouvoir à l’État-nation et abolir le capitalisme.

Ce recueil, inédit en France, rassemble des essais sur la démocratie directe, la crise écologique, la question nationale, l’avenir de la gauche afin d’établir les conditions de réalisation des solutions nouvelles et concrètes pour une société de liberté et d’abondance.

Murray Bookchin (1921-2006) est l’auteur d’une œuvre abondante qui a influencé un large éventail de penseurs politiques et de mouvements sociaux, en offrant une vision politique audacieuse qui peut nous faire passer de la seule protestation à la transformation sociale. Ont notamment été traduits en français : Au-delà de la rareté (Écosociété, 2016), Pouvoir de détruire, pouvoir de créer (L’Échappée, 2019) et Changer sa vie sans changer le monde (Agone, 2019).
Editions Agone, 36 pages, 22 euros. Paru le 21 janvier 2022.
Préface d’Ursula Le Guin.
 

• Le chapitre 5 est à lire en ligne sur le site de l'éditeur > ICI.

15/11/2021

Quoi de (bientôt) neuf à Tours ?

TOURS (37) : le supermarché coopératif “Le Troglo”
devrait ouvrir en septembre 2022

Pourquoi un supermarché coopératif ?
Insatisfaits de l’offre alimentaire de l’agglomération tourangelle, un groupe de personnes s’est réuni pour proposer une alternative avec la création d’un supermarché coopératif.

Dans ce commerce...
– chacun peut améliorer son alimentation selon ses besoins et ses convictions, quels que soient ses moyens,
– des produits sains et de qualité, issus d’une agriculture pérenne, respectueuse des sols, de l’eau et du vivant, sont promus et favorisés,
– les personnes qui cultivent et transforment les aliments sont rémunérées correctement et travaillent dans des conditions dignes,
– le supermarché est à but non-lucratif : ni actionnaires ni course au profit,
– la coopérative est un lieu de vie dans le quartier, un lieu d’échange, de partages et de débats,
– la mixité sociale est favorisée par des gammes de produits et de prix accessibles à chacun, et les échanges,
– des magasins de ce type existent déjà : New York, Paris, Orléans...

Comment cela fonctionne ?
Supermarché Coopératif et Participatif : les membres en sont propriétaires, et sont acteurs de son fonctionnement.
1 – Devenir coopérateur. La souscription minimale à la coopérative est de 10 parts sociales, soit 100€. Les étudiants et les bénéficiaires des minimas sociaux peuvent souscrire pour 10€. En octobre 2021, il reste encore à trouver une petite centaine de coopérateurs.
2 – Participer. Chaque membre vient aider au supermarché 3 heures consécutives, toutes les 4 semaines, pour tenir la caisse, stocker, réceptionner les livraisons, nettoyer, assurer les tâches administratives…
3 – Décider. Les décisions se prennent en commun, par vote à la majorité absolue lors d’AG régulières. Chaque membre est acteur à part entière de la stratégie et des choix du supermarché.
4 – Faire ses courses. L’accès au supermarché est exclusivement réservé aux coopérateurs du Troglo.

Le local de 775 m² sera situé au 15 bd Louis XI, à Tours, près des quartiers prioritaires de la politique de la Ville.  

> Le site du Troglo.
> La page Facebook du Trogolo.

> L'article de La Nouvelle République.
> Présentation du projet en visio sur FB.

04/09/2021

Au sommaire de "CQFD" de septembre



- Pass sanitaire : des bleus partout – Avec le pass sanitaire, le gouvernement a transformé des centaines de milliers de bistrotiers et autres personnes chargées d’accueillir du public en auxiliaires de police.

- À Grenoble, une écologie sauce tartuffe – En septembre aura lieu la primaire écologiste. Parmi les aspirants déclarés, Éric Piolle, maire de Grenoble depuis 2014. Et tant pis si son bilan écologique municipal est proche du néant, comme le détaille un journaliste dans son livre Le Vide à moitié vert – La gauche rouge-verte au pouvoir : le cas de Grenoble. Entretien.

- Brest : la gentrification se pare de vert – Suite aux élections municipales de 2020, l’alliance renégociée entre le PS et EELV devait permettre d’accorder une place plus importante à l’environnement dans les politiques municipales. Résultat : un vague verdissement des projets urbains. Mais des collectifs défendent d’autres manières d’inventer la ville.

- Castel fait picoler l’Afrique, puis exfiltre un max’ de fric – Leader français du négoce de vin, le groupe Castel réalise l’essentiel de ses bénéfices en Afrique, où il s’est spécialisé dans la bière, les sodas, le sucre et... l’évasion fiscale. Un scandale disséqué dans un accablant rapport de l’association Survie.

- « On veut que ces questions soient prises en compte ! » – Les Paysannes en polaire, 5 agricultrices du Sud-Est, se sont alliées à la dessinatrice Maud Bénézit pour mettre en BD le sexisme en œuvre dans leur métier et se donner de la force pour lutter.

- Le variant asiatique du fado portugais – Les immigrants asiatiques, par leurs salaires extrêmement bas, permettent à l’agro-industrie de survivre au Portugal, alors que les travailleurs portugais émigrent plus loin pour fuir la misère. 

- Un été avec les zapatistes – Une délégation zapatiste a débarqué sur le Vieux Continent au mois de juin. Depuis, elle multiplie les rencontres avec les acteurs et actrices des luttes d’Europe. Récit en BD.

- Souheil, 19 ans, tué par un policier – Comment un simple contrôle routier a-t-il pu s’achever par la mort de Souheil d’une balle policière en plein thorax ?

Dossier « Des fringues et des luttes »

- « La fabrique des apparences est politique » – L’historienne Christine Bard a publié en 2010 Une histoire politique du pantalon et Ce que soulève la jupe : identités, transgressions, résistances, qui prolongeaient son essai sur Les Garçonnes — mode et fantasmes des Années folles, réédité cet automne. Entretien.

- Des vies en bleus – Il n’y a pas si longtemps encore, presque tous les ouvriers d’usine portaient un bleu de travail. La disparition de cette unanimité vestimentaire a coïncidé avec l’affaissement de l’unité et de la visibilité de la classe ouvrière, analyse Jean-Pierre Levaray.

- Atelier drag-king : des performances de genre – Le pendant masculin des drag-queen, le « drag-king » se démocratise à la faveur de l’intérêt grandissant pour les questions queer. Plongée dans un univers qui ambitionne de faire des « fringues d’hommes » portées par des femmes des armes de destruction massive des stéréotypes de genre.

- Chez Frida Kahlo, une « corrélation idéologique et vestimentaire » – À travers des dizaines d’autoportraits, Frida Kahlo a fait de ses tenues des outils de revendication identitaire, transformant ses vêtements en messages politiques. Rachel Viné-Krupa a consacré un essai à ses costumes.  

- En Birmanie, des pagnes contre les tanks – Les Birmanes se sont massivement mobilisées contre le coup d’État militaire de février dernier. Se saisissant du mythe patriarcal selon lequel passer sous les vêtements d’une femme peut faire perdre la puissance virile à un homme, les manifestantes ont accroché leurs jupes sur du fil à linge au milieu de la rue pour ralentir l’avancée des tanks.

ET AUSSI...
- Le retour de l’Abrégé du Capital de Karl Marx – Dès 1878, l’anarchiste italien Carlo Cafiero avait  rédigé dans un style simple et accessible un condensé du livre I du Capital. A (re)paraître le 24 septembre.

- Cap sur l’utopie : sus aux « gros fripouillards » ! – Réédition du Sabotage, du syndicaliste révolutionnaire Émile Pouget. (...)

> POUR PLUS DE DETAIL.

03/08/2021

Agir contre la réintoxication du monde

Vu sur le blog Agir17.

Il y a à peine un an, au sortir du premier confinement, une centaine de collectifs en lutte répondaient à un premier appel à agir « contre la réintoxication du monde ». Puis les 17 novembre et 17 avril, malgré les restrictions sanitaires, cette constellation d’habitant-e-s, de paysan-ne-s, d’activistes persévéraient et renouvelaient leurs actions aux quatre coins du pays. Par leurs blocages, leurs rassemblements, leurs occupations, leurs irruptions dans l’espace public, en un mot leur résistance, ils et elles dessinaient une voie vers un monde s’émancipant des logiques marchandes et industrielles mortifères.

Aujourd’hui, alors que la crise du Covid semble s’atténuer mais que la méga-machine repart de plus belle, nous appelons une nouvelle fois à agir, le 17 SEPTEMBRE, partout sur le territoire contre les sites et projets destructeurs du vivant et des solidarités sociales. Car tandis que la crise du sanitaire s’atténue, avec elle disparaissent aussi les promesses d’un « Monde d’Après », s’extirpant de l’impasse de celui d’avant. Que ce soit par des plans de relance industrielle sans aucune remise en question, ou la nécessité fumeuse de rembourser une dette fictive, la classe dirigeante mondiale est unanime : il faut que la sacro-sainte économie reparte, vite et fort.

L’impératif de s’y soumettre coûte que coûte s’accompagne d’un zèle renouvelé à réprimer tout ce qui y ferait obstacle. On a vu, malgré les oppositions populaires, l’apparition d’un nouvel arsenal « légal » qui piétine allègrement la liberté de manifester, celle de la presse et ouvre à la possibilité d’expulser sans procédure toute occupation de logements vacants et de zones menacées. Le sentiment d’impunité policière est dorénavant encouragé au plus haut niveau de l’État. Après une année pendant laquelle se sont développés des mécanismes de contrôle inédit au nom de la crise sanitaire, le gouvernement agit comme si les habitudes de soumission devaient durer toujours et s’étendre à l’entièreté du champ social.

A celles et ceux qui croyaient encore qu’une loi climat pouvait améliorer la situation, les débats parlementaires du printemps ont répondu par une gifle. Main dans la main, lobbies et gouvernant-e-s ont méthodiquement détricoté toute mesure limitant l’entreprise de destruction en cours. Freiner les implantations de l’ogre Amazon ? Poubelle. Arrêter les extensions d’aéroport ? Surtout pas. S’en prendre à la bétonisation, à la vente de voitures les plus polluantes, à la publicité, aux engrais azotés, aux pesticides ? Plus tard, peut être, ou bien jamais.

Le message est limpide : il y aura toujours de l’énergie du côté des gouvernant.e.s pour nier l’urgence à agir, jamais pour s’attaquer aux industriels et aux financiers et à leur responsabilité – pourtant abyssale – dans la catastrophe écologique.

Pourtant, loin des ministères et des sièges épais du CAC40,
hors du champ des micros d’une sphère médiatique en roue libre, il s’en passe des choses… pour peu que l’on s’y intéresse. Ici, des dizaines de collectifs émergent, à Rouen, à Argenteuil, à Lyon… pour en finir avec la culture de la catastrophe industrielle tolérée, pour empêcher de nouveaux Lubrizol, de nouveaux AZF. Là, un mouvement national, les Soulèvements de la Terre, occupe et cultive des zones menacées d’artificialisation par des projets de route, d’urbanisation, d’extension de carrières de sable. 

À Saclay ou encore à Aubervilliers, de nouvelles ZADs naissent contre la destruction de parcelles agricoles et de jardins ouvriers par le Grand Paris, la spéculation immobilière et le saccage olympique. Une zad souterraine apparaît face à une carrière de Béton dans le Var, et la ZAD du LIEN revient sur un projet routier près de Montpellier. 

D’autres collectifs, enfin, comme à Grandpuits ou à la Chapelle-Darblay rassemblent syndicats et associations écologistes pour travailler concrètement aux reconversions de certains sites de production. Ils développent des activités autrement plus respectueuses du vivant, et empêchent ces entreprises de laisser les salarié-e-s sur le carreau tout en rémunérant grassement leurs actionnaires en pleine crise. Ils nous rappellent à l’urgence de penser, avec les travailleurs des secteurs les plus toxiques, les mutations possibles des activités, les réappropriations des lieux de travail, ainsi que les rapports de force à engager pour garantir des ressources et droits pendant les périodes de transition.

Partout, localement, des foyers de résistance se multiplient et émergent là où les industriels souhaitent étendre leur emprise. C’est bien simple : ils ne peuvent plus bétonner en rond ! Face à des instances gouvernementales hors-sol, c’est au plus proche de nos territoires de vie et de luttes que nous avons arraché un nombre croissant de victoires ces dernières années. Que ce soit via des occupations de terre, des recours juridiques, des ZADs, des rassemblements : des centaines de collectifs poussent, tels des plantes vivaces en rhizome. Chaque fois qu’ils en déracinent une, d’autres naissent, et gagnent du terrain. 

Rien que ces derniers mois ont été enterrés le projet d’extension de l’aéroport d’Andorre, le projet de ferme-usine à Ossun, le projet de Surf Park à Saint-Père-en-Retz, les plans d’entrepôt Amazon en Alsace ou de contournement Est à Rouen. Les Jardins de l’Engrenage à Dijon ont déjà repoussé par deux fois les tractopelles et la police. L’extension de l’aéroport de Roissy, la bétonisation des terres de Gonesse, du Carnet, des Vaîtes à Besançon ou le projet de stade de Chambly ont eux aussi subi de sérieux revers et sont aujourd’hui largement remis en cause : autant de cas qui démontrent la force de nos mobilisations collectives.

Et qu’on ne s’y trompe pas : chaque victoire, chaque projet enterré, chaque terre préservée façonne la suite.
Car ces terrains défendus avec acharnement et finalement préservés peuvent aussi chemin faisant devenir des places fortes, des lieux d’expérimentation et de création d’autres modes de vies. Des lieux qui démontrent en pratique l’adage « Créer c’est résister, résister c’est créer ».

Alors nous serons au rendez-vous le 17 septembre prochain pour montrer la force de ce mouvement de fond. Cette 4e vague d’actions coordonnées « contre la réintoxication du monde » aura lieu de manière concomitante à la venue d’une grande délégation zapatiste en Europe. L’expérience des territoires autonomes du Chiapas, née du soulèvement de 1994, est une source d’inspiration inépuisable pour toutes les luttes qui souhaitent réellement reprendre du terrain à l’« hydre capitaliste ». Nous espérons que leur « voyage pour la vie » participera à démultiplier le désir d’actions collectives pour ce 17 septembre.

Nous poursuivrons notre élan avec les dynamiques de Notre Maison Brûle,
prévoyant des mobilisations locales chaque jour du 18 septembre au 3 octobre, et des Soulèvements de la Terre, entrant dans une seconde saison d’occupations de terres et blocages contre l’accaparement et l’empoisonnement des sols par l’agro-industrie. Avec elles et eux, nous persisterons, récidiverons, et nous implanterons partout où il le faudra. Collectivement, durablement, car nous savons à quel point ces luttes sont un travail de fond. Puisque ce Monde d’Après tant rêvé ne nous sera pas donné par quiconque, c’est en allant gagner cette multitude de batailles de terrain que nous allons le construire, ici et maintenant !

Nous appelons donc une nouvelle fois les habitant.es des villes et des campagnes à informer et accentuer localement la pression sur les secteurs qui leur semblent le plus évidemment empoisonnants et dispensables : cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aéronautique, publicitaire ou construction de plates-formes Amazon, unités d’élevage industriel, développements de l’industrie nucléaire, clusters développant le monde « sans contact »… Nous appelons en ce sens le 17 septembre à une 4e série d’actions, blocages, rassemblements et occupations contre de tels lieux de production, chantiers et infrastructures.

Nous invitons les organisations, réseaux, territoires en luttes, syndicats et groupes locaux qui le souhaitent à signer cet appel en écrivant à agir17@riseup.net

02/08/2021

Assemblée du peuple et double pouvoir

Traduction d’un entretien de Cosmonaut pour le site de la revue Ballast (12 novembre 2020).

Kali Akuno : « Nous n’allons pas mourir pour les riches »
« Le système capitaliste-impérialiste est en train d’éteindre la vie sur notre précieuse planète du fait de sa volonté incessante d’accumuler des profits, des ressources et du pouvoir politique, ceci au bénéfice d’une infime fraction de l’humanité : la bourgeoisie. » 

Ce sont là les mots de Kali Akuno. Né à Los Angeles, il est le cofondateur du réseau Cooperation Jackson, établi dans l’État du Mississippi. Il est également membre de Black Socialists in America, une jeune organisation afro-américaine à ambition internationaliste. Dans cet entretien initialement paru aux États-Unis au printemps, en plein pic de la première vague de Covid-19, le militant écosocialiste et antiraciste revient notamment sur la notion de « ouble pouvoir », qu’il promeut afin de transformer la société tout entière, et son expérience dans la prise en charge de la pandémie – le pays franchissait alors la barre des 60000 décès et, dans ce même pays, le risque de mourir du virus s’avère 2,4 fois plus grand pour la population noire.

Assemblee du peuple

EXTRAIT :
Pouvez-vous nous en dire plus sur ce que vous voulez dire
par une expérience de « double pouvoir » ?

Pour nous, surtout à cette époque, ça signifiait la construction d’institutions autonomes et une pratique d’autogouvernance au sein de la communauté. Ça permettrait deux choses. Premièrement, que la communauté s’autogouverne et se concentre sur la prise en charge des besoins de base – en particulier dans une communauté pauvre comme à Jackson, qui n’avait ni la capacité ni la volonté de le faire. L’objectif était de répondre soi-même à certains de ces besoins grâce à l’entraide et à des activités de type économie solidaire, comme la construction de coopératives. L’autre aspect consistait véritablement à stopper le bras répressif de l’État. C’est la notion de double pouvoir que nous avons essayé de construire et de faire avancer avec le plan Jackson-Kush. 

Dans la pratique, de 2003 à 2012–2014, ça a pris la forme d’assemblées populaires. Je pense que ça en a été la plus haute expression : nous avons ainsi rassemblé différentes forces de la communauté pour prendre de réelles décisions démocratiques sur sur la façon de tout gérer – soutien à un grand nombre de personnes âgées, énorme travail autour de la médiation des guerres de territoire et de la violence communautaire à l’œuvre (à la fois dans la communauté et sur un plan domestique). Ce sont là des domaines dans lesquels l’Assemblée du peuple s’est spécialisée. Elle soulève également des questions démocratiques plus larges, sur la façon de contenir la police, sur la manière d’instaurer une force contre la violence perpétrée par la police. Voici ce que l’Assemblée a fait de bien. (...)

> LIRE L’ARTICLE COMPLET.

Cooperation Jackson

25/06/2021

#GrandParis = Grand Péril Express


Rendez-vous à partir du mardi 29 juin 2021
pour une semaine d'actions radicales et d'ampleur en Île-de-France.

Habitant-es des villes ou des campagnes, la bétonisation et l’artificialisation des sols nous impactent tou-tes. Les grands projets inutiles épuisent nos ressources, détruisent les sols en France comme dans le monde. Symbole de cette destruction, le projet du Grand Paris tel qu’il est conçu actuellement est un désastre écologique, sociale et démocratique ! Nous pouvons leur résister, reprendre le pouvoir et rendre visible les scandales écologiques, politiques et financiers qui se jouent depuis des dizaines d’années. 

L’action « Grand Péril Express » marque la fin de la première saison des « Soulèvement de la Terre ». Elle scande notre désir de cesser d’attendre. Nous parions sur le rassemblement des luttes et des collectifs qui partout sur le territoire mènent des batailles contre l’intoxication du monde et pour une réappropriation des terres.

Dans nos paysages comme dans nos imaginaires, le béton est désormais devenu la norme. L’industrie de la construction est à elle seule une catastrophe. À l'échelle mondiale, elle est responsable de 39% des émissions de CO2. En France, ce secteur est à la fois le premier consommateur de ressources naturelles minérales, le second émetteur de gaz à effet de serre, et le premier producteur de déchets. Le Grand Paris, initié par Nicolas Sarkozy, illustre à l'échelle nationale la destruction massive dont l'artificialisation des sols est responsable. 22 millions de tonnes de terre excavées par an entraînent le ravage des dernières terres agricoles d'Île de France notamment à Gonesse, Saclay et Aubervilliers.

Le Grand Paris veut construire à tout prix sous couvert du besoin en logement alors qu'on estime que 2,8 millions de logements sont vacants en France. C’est aussi un projet ferroviaire absurde qui répond au nom de Grand Paris Express comprenant plus de 200 km de nouvelles voies et 68 gares dont le but principal est d’améliorer la circulation entre les aéroports et Paris. L’argent public est avalé par les tractopelles avec la complicité de l’Etat et des élu.es.

Au cœur de ce désastre, il y a l’extraction d’une matière première qui sert à fabriquer le béton : le sable. C’est la deuxième ressource la plus utilisée de la planète après l’eau. Alors que cette ressource s'épuise, le Grand Paris continue de creuser les sols, d'agrandir les carrières et de draguer les fonds de mer. Ce sont les paysages, les champs, les rivières, les plaines de l'Ile-de-France et des régions avoisinantes qui sont exploitées pour ce projet. Bien que situé en Ile-de-France, l’impact est national et notre réponse doit venir de toute la France.

Le rythme des chantiers s’accélère sous l’impulsion des Jeux Olympiques 2024 et les protestations sont englouties par le bitume. Si nous voulons mettre un terme à cette fuite en avant, nous devons cesser d'attendre et réunir nos forces.

(Les Soulèvements de la Terre - Extinction Rebellion).

> La page de l'événement FB.
> Le site des Soulèvements de la Terre.
> La page FB des Soulèvements de la Terre.

26/03/2021

Les Soulèvements de la Terre

Appel lancé depuis la ZAD de
Notre-Dame-des-Landes, en janvier 2021
.

L’appel aux « soulèvements de la Terre » est issu d’une rencontre récente sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes qui a réuni des personnes des quatre coins du pays : paysan.nes, jeunes écologistes en révolte, habitant.e.s de zad et territoires en lutte, syndicalistes, chercheurs.euses engagé.e.s dans la défense du vivant. Il est aujourd’hui rejoint par des centaines de fermes, collectifs, personnalités et soutiens signataires du texte.

La catastrophe écologique n’est pas à venir, elle est déjà là. Nous ne nous résoudrons pas à la contempler, impuissant-es, isolé-es et enfermé-es chez nous. Nous avons besoin d’air, d’eau, de terre et d’espaces libérés. Les causes et les responsables de la destruction des sols nous entourent : bétonisation, industries polluantes, et accaparement des terres vivrières par l’agro-industrie. Nous voulons cibler et bloquer ces responsables. Nous voulons aussi occuper et cultiver les terres qui nous ont été arrachées. Parce que tout porte à croire que c’est maintenant ou jamais nous avons décidé de jeter nos forces dans la bataille.

Nous sommes des habitant·es en lutte attaché·es à leur territoire. Nous avons vu débouler les aménageurs avec leurs mallettes bourrées de projets nuisibles. Nous nous sommes organisé·es pour défendre nos quartiers et nos villages, nos champs et nos forêts, nos bocages, nos rivières et nos espèces compagnes menacées. Des recours juridiques à l’action directe, nous avons arraché des victoires locales. Face aux bétonneurs, nos résistances partout se multiplient.

Nous sommes des jeunes révolté·es qui ont grandi avec la catastrophe écologique en fond d’écran et la précarité comme seul horizon. Nous sommes traversé·es par un désir croissant de déserter la vie qu’ils nous ont planifiée, d’aller construire des foyers d’autonomie à la campagne comme en ville. Sous état d’urgence permanent, nous avons lutté sans relâche contre la loi travail, les violences policières, le racisme, le sexisme et l’apocalypse climatique.

Nous sommes des paysan·nes. La France n’en compte presque plus. Avec ou sans label, nous sommes les dernier·es qui s’efforcent d’établir une relation de soin quotidien à la terre et au vivant pour nourrir nos semblables. Nous luttons tous les jours pour produire une nourriture saine à la fois financièrement accessible et garantissant une juste rémunération de notre travail.

Parce que tout porte à croire que c’est maintenant ou jamais,
nous avons décidé d’agir ensemble.


Depuis longtemps, l’économie nous a séparé·es de la terre pour en faire un marché. Erreur fatale qui nous mène droit au désastre. La terre n’est pas du capital. C’est le vivant, le paysage et les saisons. C’est le monde que nous habitons en passe d’être englouti par la voracité extractiviste. Après avoir enclos et privatisé les communs, le marché capitaliste et ses institutions précipitent aujourd’hui le ravage de la biodiversité, le bouleversement climatique et l’atomisation sociale.

L’ère Covid a achevé de rendre l’atmosphère irrespirable. Entassé·es dans des métropoles chaque jour plus invivables, confiné·es dans une existence hors-sol et artificielle, un sentiment d’étouffement nous étreint. Le coronavirus relève de la dévastation écologique, de l’exploitation globale de la terre et du vivant. Il dévoile notre totale dépendance à l’économie mondialisée, révèle la fragilité de cette fausse abondance étalée dans les rayons des supermarchés. La gestion gouvernementale a pour conséquence de reconfigurer l’économie (télétravail, dématérialisation...) tout en abolissant nos libertés fondamentales (loi sécurité globale, régime d’exception...).

Nous ne croyons pas dans une écologie à deux vitesses dans laquelle une minorité se targue de manger bio et de rouler en 4x4 hybride tandis que la majorité est contrainte de faire des jobs subis, de longs trajets quotidiens et de manger low-cost. Nous n’acceptons pas que les exploitants agricoles soient réduits au rang de sous-traitants sur-équipés et sur-endettés de l’industrie agroalimentaire. Nous ne nous résoudrons pas à contempler la fin du monde, impuissant·es, isolé·es et enfermé·es chez nous. Nous avons besoin d’air, d’eau, de terre et d’espaces libérés pour explorer de nouvelles relations entre humains comme avec le reste du vivant. 

De sensibilités, de parcours et d’horizons très différents,
un constat commun nous rassemble :


1 - La question foncière est à la croisée de la fin du monde et de la fin du mois, de la planète des écologistes et de la terre des paysans. Dans les dix ans à venir, la moitié des exploitant·es agricoles de France va partir à la retraite. Concrètement, près d’un tiers de la surface du territoire national va changer de main. C’est le moment ou jamais de se battre pour un accès populaire à la terre, pour restaurer partout les usages et les égards à même d’en prendre soin.

2 - Quoi qu’on puisse en penser ou en attendre, l’État laisse le champ libre au ravage marchand de la terre. Il organise le contournement des régulations foncières et environnementales qu’il a lui même instituées. En guise de verdissement publicitaire, Macron rebondit sur la proposition de la Convention citoyenne sur le climat d’organiser un référendum pour « inscrire la défense de l’environnement dans la Constitution ». Mais le même refuse d’interdire glyphosate et néonicotinoïdes. Le même s’apprête à bétonner à tour de bras en vue des JO de 2024. Il est temps d’établir un rapport de force pour faire redescendre l’écologie sur terre.

3 - Nos luttes comme nos alternatives sont absolument nécessaires mais, séparées les unes des autres, elles sont impuissantes. Syndicalisme paysan, mouvements citoyens, activismes écologiques, agitations autonomes, luttes locales contre des projets nuisibles, ne parviennent, seuls, à renverser la situation. Il est nécessaire d’unir nos forces pour impulser et inventer des résistances nouvelles, à la mesure du ravage auquel nous assistons stupéfait·es.

L’incertitude produite par la crise sanitaire ne doit pas nous empêcher de nous projeter et de nous organiser sur le long terme. Nous voulons faire advenir des soulèvements pour la défense de la terre comme bien commun. Nous voulons arracher des terres à l’exploitation capitaliste pour constituer des espaces libérés, propices à une multiplicité d’usages communs, de relations et d’attachements. Nous voulons défendre le monde vivant grâce à une agroécologie paysanne et solidaire, à la protection des milieux de vie et à une foresterie respectueuse. 

Cela commence par trois gestes :

1 - Pour faire cesser le ravage, nous appelons à enclencher le frein d’urgence, à concentrer nos forces pour cibler, bloquer et démanteler trois des industries toxiques qui dévorent la terre : celles du béton, des pesticides et des engrais de synthèse. 

2 - Remettre la terre entre nos mains et l’arracher des griffes des accapareurs exige que nous soyons chaque jour plus nombreux à remettre les mains dans la terre. Des centres urbains jusqu’aux confins des périphéries, nous appelons à des reprises de terres, par l’installation paysanne, le rachat en commun ou l’occupation. 

3 - Pour restituer aux habitant·es et aux paysan·nes de chaque localité le pouvoir de décider de l’attribution, l’usage et la destination des terres, nous appelons à s’introduire en masse, chaises en main, dans les diverses institutions et lieux de pouvoir où se décide sans nous le devenir de la Terre. Nous ne pouvons laisser plus longtemps ce pouvoir entre les mains de la FNSEA et de l’agroindustrie, des aménageurs et des bétonneurs. 

La première saison des soulèvements de la Terre sera marquée par une vague d’occupations de terres et de blocages contre le bétonnage :

> le 27 mars aux Vaîtes, à Besançon (jardins populaires vs extension urbaine),
> les 10 et 11 avril à Rennes, à la Prévalaye (cultures collectives vs métropole),
> les 22 et 23 mai au Pertuis, en Haute-Loire
(paysans expropriés vs construction d’une déviation routière),
> les 19-20-21 juin à Saint-Colomban, en Loire-Atlantique
(défense du bocage menacé par les carrières de sable et le maraîchage industriel),
> à partir du 29 juin (semaine d’actions de blocage d’envergure
et simultanées ciblant l’industrie de la construction et du Grand Paris).
> les 3-4 juillet, un grand rassemblement festif aura lieu
pour célébrer la fin de la saison 1 sur des terres à défendre en Île-de-France

La seconde saison des soulèvements de la Terre s’ouvrira en septembre 2021
par une marche populaire jusqu’aux portes du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, à Paris. Elle sera prolongée tout au long de l’automne et de l’hiver par des actions de réappropriation dans les institutions et des blocages des industries qui empoisonnent les terres. 

Le programme détaillé de chacun.e de ces mobilisations est disponible sur lessoulevementsdelaterre.org

• Twitter : @lessoulevements
Facebook : les soulèvements de la Terre
Instagram : infos.luttes.paysannes

25/03/2021

La république de Saillans,
vers une vraie démocratie ?

« Printemps 2019. Dans la salle du Conseil municipal de Saillans (Drôme), les habitants reviennent sur leur expérience politique, sur les forces et les failles de la "République de Saillans ". Cette dernière a vu le jour en 2014 avec l'élection d'une liste citoyenne proposant un partage du pouvoir entre les élus et les habitants. Alors que les futures élections approchent, l'épuisement et la déception pointent chez les uns et les autres. L'espoir suscité était pourtant immense. Que s'est-il passé ? Cette expérimentation sera-t-elle défendue par les habitants ? »
Un très intéressant exemple de démocratie participative voire directe,
avec ses forces et ses faiblesses.

> VOIR le reportage sur LCP.
> Pour en savoir plus, un livre "La Petite République de Saillans" de Maud Dugrand est sorti aux éditions du Rouergue en février 2020.

15/03/2021

Commune de Paris 1871, le retour

Pour le 150e anniversaire des événements de la Commune de Paris (18 mars-28 mai 1871), plusieurs événements auront lieu à Paris et en région (et dans certains pays limitrophes, Belgique et Allemagne) entre aujourd'hui et fin juin.

Pour se tenir au courant (agendas...), voire participer,
quelques sites web ou pages Facebook :

> Faisonsvivrelacommune.org
(site du collectif Faisons vivre la Commune, créé pour la commémoration de 2021)

> Commune1871.org
> Commune150ans.fr
(sites de l'association des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871)

> Nouslacommune.fr/lexposition
(l'exposition en extérieur de silhouettes grandeur nature de communard.e.s, à Paris)

> Quefaire.paris.fr/communedeparis
(programme Ville de Paris)

> Printemps1871.wordpress.com
(balades et circuits communards à Paris)

> Facebook.com/groups/260951063994532
(groupe FB public Commune de Paris - 1871)

> Facebook.com/AssociationdesAmiesetAmis
delaCommunedeParis1871

(groupe FB public de l’association Amies et Amis de la Commune de Paris 1871)

Nous reviendrons dans de prochains messages sur cette commémoration...