18/12/2020

Une thèse loin des clichés

“La photo numérique,
une force néolibérale”

d'André Rouillé


Présentation : Les photos argentiques étaient des images-choses statiques, à regarder. Les photos numériques sont des images dynamiques, à échanger. Elles circulent en flux ininterrompus sur les réseaux planétaires : à la fois incorporelles et agissantes, ce sont des forces à part entière. Elles instillent subrepticement et continûment dans la subjectivité de chacun la rationalité néolibérale : instantanéité, accélération, fluidité, circulation, horizontalité, partage et ubiquité. Cette dissémination du modèle du marché – même là où il n’est pas question d’argent – fait exploser les anciennes limites entre l’ici et l’ailleurs, la nation et le monde, le privé et le public. Dans le sillage de Theodor Adorno qui a théorisé l’art comme fait social, l’auteur, un des meilleurs connaisseurs de l’histoire de la photographie et des images, élabore une critique globale des processus esthétiques, techniques, économiques et politiques à l’œuvre actuellement. Il montre comment la photo numérique a ouvert une nouvelle ère qui se caractérise par la profusion d’images aberrantes, l’apparition de nouveaux pouvoirs, l’essor d’une nouvelle économie et la fabrique d’un individu néolibéral.
Éditions L’échappée, 224 pages, 17 euros. Sorti en octobre 2020.

Aucun commentaire: