15/02/2016

Au sommaire de "Silence" de février


Dossier "Océans, l'urgence méconnue". "C'est grâce à la vie dans les océans que l'oxygène a été produit sur terre." Et ce n'est pas rien de garder à l'esprit ce rappel que nous adresse le chercheur Gilles Reverdin. Sans océan, nous n'aurions pas existé.

Océans, alerte rouge ? Quatre points cruciaux pour la préservation des équilibres humains et océaniques : le réchauffement climatique, les pollutions, la surpêche et le pillage des ressources marines.

Élevage : détruire les écosystèmes pour nourrir les riches ? La viande provient presque exclusivement d'élevages. Le poisson, lui, est encore souvent d'origine sauvage. Peu visible, l'élevage de poissons est pourtant très répandu dans le monde. Avec quelles conséquences ? D'Oléron à la Chine, enquête.

Qui seront les bergers des océans ? Des règlements internationaux complexes et peu respectés, un espace maritime gigantesque, des pressions économiques de la part des industriels de la pêche : que faire pour enfin protéger les écosystèmes marins ? De l'activisme militant aux décisions politiques, quelques éléments de réponse.

ET AUSSI :
• Bretagne : le marchand de sable ne passera pas ! En janvier 2015, six mille Bretons descendaient dans les rues de Lannion (Côtes-d'Armor) pour défendre leur dune de sable, menacée par un projet d'extraction. La lutte continue.
• Vers un Larzac à énergie positive. Les structures collectives mises en place sur le Larzac développent les énergies renouvelables. Les gains réalisés sont réinvestis pour l'installation de nouveaux agriculteurs.
• Dirigeables : un rêve envolé ! Les dirigeables comme alternative à l'hélicoptère, l'avion ou les camions ? Pour voler, il leur faut de l'hydrogène ou de l'hélium, or le premier est trop dangereux et le second commence à manquer.
• COP21 : Des artistes contre le greenwashing. A Paris, le 28 novembre 2015, alors que l'état d'urgence est proclamé, le collectif britannique d'artistes Brandalism a organisé une vaste opération de détournement des publicités présentes sur les arrêts de bus.
• Transition : Michel Hutt, une transition bienveillante. En avril 2015, Michel Hutt publiait Le cri du colibri. Tout est parti du livre de Rob Hopkins, le Manuel de Transition. Entretien.
Après la mort, le retour à la terre. Avant d’être confrontées au deuil et à ses implications, peu de personnes s’interrogent sur l’impact environnemental de leur mort. Pourtant, quoi de plus naturel que de souhaiter des funérailles écologiques ?
• Alain Bresson, des sculptures dans la forêt. Alain Bresson travaille dans la forêt sur des sculptures qui vont ensuite évoluer toute seules.

+ Des chroniques (anti-terrorisme, Fukushima, nucléaire, féministes, Molenbeekn cosmétiques naturels, éco-hameau de la Baie), des brèves (Nord/Sud • Environnement • Climat • OGM • Nucléaire • Énergies • Paix • Politique • Femmes, hommes, etc. • Alternatives • Annonces • Agenda • Livres • Quoi de neuf ?).

EDITO
Silence sur le pillage du monde marin
"Il importe de veiller à l’intégrité de tous les écosystèmes, y compris les océans". Voilà ce que l'accord de Paris, conclu en décembre 2015 lors de la COP21, dit de la mer. C'est tout. C'en est ridicule. "La mer est partout, et donc nulle part, et surtout jamais mentionnée. À croire que l’océan est trop grand, trop abstrait, trop lointain pour être identifié par nos sociétés : on reste au bord", analyse Françoise Gaill.

Mais tout le monde ne reste pas au bord. "Seul 0,6% de l'océan est exempt d'intervention humaine" selon Nathalie de Pompignan. La pêche, notamment industrielle, les transporteurs internationaux, les pétroliers, ne se privent pas d'y mettre les pieds et qu'importent les dommages qu'ils font subir aux écosystèmes. Car le pillage des ressources auquel certains se livrent sur terre, pourquoi ne le poursuivraient-ils pas en mer ? Extraction, productivisme, pollution n'ont pas de frontière. Même les mers sont accaparées, au détriment des communautés locales.

Finalement, c'est avant tout le consommateur lambda qui, irrémédiablement terrien, reste éloigné de ce qu'il se passe au milieu des océans. D'où l'importance d'informer sur les dangers qui les menacent. Comment résister à ce saccage ? En bâtissant des ZAD flottantes ? Peut-être plus efficacement en luttant, sur terre, contre le réchauffement climatique et les fruits de l'exploitation des mers : pêche industrielle, extractivisme et commerce mondialisé.
Baptiste Giraud.

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