22/06/2009


Vient de paraître
Les coopératives d'habitants, méthodes, pratiques et formes d'un autre habitat populaire de Yann Maury (éditions Bruylant, Belgique)

"Les coopératives d’habitants sont elles les outils de l’abondance qui, en ce début de XXIe siècle, sauront répondre à l’échelle de notre continent européen, aux défis et aux incertitudes qui pèsent lourdement sur l’habitat populaire ? Constituent-elles la solution équitable, l’avantage rationnel (J.Rawls), en mesure de répondre au désajustement qui perdure et s’aggrave entre une offre de logements issue du secteur privé ou social et des demandeurs considérés comme « non banquables », au regard des critères établis par le marché immobilier ? S’agit-il ici pour les précaires, les chômeurs, les travailleurs pauvres, les populations migrantes et les classes moyennes désolvabilisées par la « main invisible du marché », d’une formule du troisième type ou plus précisément, d’une autre voie possible pour le logement populaire ?

Pionnière en Europe la région italienne du Lazio (Rome) vote en 1998, à l'unanimité droite-gauche, une loi régionale qui légalise toute occupation d'un bâtiment public laissé vacant par son propriétaire (commune, organisme de logement...). Les habitants coopérateurs assurent la remise en état des logements, tandis que le propriétaire (souvent la commune), dans une démarche de « développement durable » (installation de chauffage solaire, dispositifs de récupération des eaux de pluie, utilisation de peintures bio-dégradables..), prend à sa charge la rénovation des parties communes.

Des ménages et personnes seules disposant de très faibles revenus, souvent victimes d'expulsions, retrouvent par ce biais un logement décent, le plus souvent localisé dans les centres urbains. Ce faisant, les coopératives d’auto-récupération résidentielle permettent, sur la base d'investissements financiers modiques (de –30% à – 50% au regard des prix du marché libre), mais également autour d’une forte mobilisation du « capital humain », de passer de l'habitat insalubre à l’éco-habitat.

Aux côtés des coopératives « d’auto-récupération résidentielle », se développe depuis le début des années 2000 une filière orientée vers l’auto-construction. Dans plusieurs villes italiennes comme à Pérouse, Milan, Naples, Rome ou Turin, il est proposé en égales proportions à des classes moyennes mal ou peu solvalbilisées, mais aussi à des populations issues de l’immigration, un projet coopératif d’accession sociale à la propriété. En appui, coopératives d’habitants et collectivités territoriales mobilisent des institutions financières et bancaires originales, telles que la GEPAFIN (SEM de la région Ombrie) ou la « banca etica » (banque éthique), dont le rôle ne se borne pas à l’octroi de simples prêts bancaires, mais bien à un accompagnement sur la durée de projets immobiliers et humains.

Si les sociétés locales italiennes apparaissent ici comme les précurseurs d’un renouveau du coopératisme (Latium, Lombardie, Piémont, Emilie Romagne), des coopératives du même type surgissent désormais un peu partout dans de nombreuses métropoles européennes (Bruxelles, Rotterdam, Londres, Madrid, Berlin, Copenhague...) et américaines (Québec, Buenos Aires...). (...)"

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432 pages. Prix : entre 33 (sur certains sites) et 35 euros (prix officiel).

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