11/09/2014

A Paris puis dans toute la France

Le capital et son singe
Jusqu'au 12 octobre • Paris
"Le Capital et son Singe", 
spectacle au Théâtre de la Colline

Présentation : « “Le capital est du travail mort, qui ne s’anime qu’en suçant tel un vampire du travail vivant, et qui est d’autant plus vivant qu’il en suce davantage.”

On avait senti qu’ils s’intéressaient au fonctionnement du pouvoir  : après Le père tralalère et Notre terreur, Sylvain Creuzevault et ses camarades investissent avec leurs armes de théâtre – improvisation, écriture au plateau, élaboration collective – un continent de pensée révolutionnaire. Chant inaugural des consciences prolétaires et des combats socialistes, méthode critique échevelée pour les uns, pour d’autres bon pour les poubelles de l’histoire, Le Capital, texte douloureusement élaboré et inachevé, édité en 1867, est pour la plupart d’entre nous un monument inconnu... En faire théâtre, ce n’est pas “peindre en rose le personnage du capitaliste et du propriétaire foncier, ni celui de l’archaïque ouvrier, ni Jacques Bonhomme le paysan, ni les pétro-subjectivités urbaines, ni les métaphysiciens de réseaux, ni les endettés du monde entier...” Ils n’interviennent dans cette “Difficile comédie” que comme les grimaces des structures cachées de notre monde – celles qui rendent difficile d’apercevoir les visages... Avis aux spectateurs: “Il ne s’agira pas de rêves, ni d’utopie ; et de théâtre politique, c’est comme de rapport sexuel, il n’y en aura plus ! 
Ce sera de la comédie, pure, dure”. »
Grand Théâtre, La Colline, 15, rue Malte-Brun, Paris 20e. Du mercredi au samedi à 20h, le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h. Tarifs : places de 14 à 29€ (-30 ans et chômeurs : 14€, +60 ans : 24€, mardi tarif unique : 20€). Durée : environ 2h45. 

Puis tournée en France : Scène Watteau/Nogent-sur-Marne (5-6 nov),
MC2/Grenoble (26-29 nov), Archipel/Perpignan (4-5 déc),
La Filature/Mulhouse (4-6 fév 2015),
Le Cratère/ Alès (13-14 fév 2015...), Bonlieu/Annecy (11-14 mars).

Pour en savoir plus, lire aussi les articles de :
> Philomag.
> Blog Rue89 de J.-P. Thibaudat.

EXTRAITS DES ARTICLES
« (...) Faire du Capital de Marx une comédie sans temps mort, qui ravive l'esprit de révolution: c'est le pari réussi du metteur Sylvain Creuzevault. Il remise les beaux discours et mise tout sur la pratique, le jeu avec sa part belle d'improvisation collective.
(...) Un synopsis digne d’un film à suspens, qui promet d’explorer la planète Marx, sur la trace des « faiseurs de plus » : ces quelques lignes sont tirées du Capital, chapitre IV, « La transformation de l’argent en capital ». Le metteur en scène Sylvain Creuzevault s’empare librement de l'esprit du texte, brodant autour avec l'aide des grands esprits du matérialisme, de Blanqui à Debord, avec les poètes, Rimbaud, Lautréamont, Aragon..., et avec un pari en tête : disséquer sur scène « le ventre du mode de production capitaliste » dont sont issus deux rejetons conceptuels : la lutte des classes et le caractère fétiche de la marchandise, liés par leur origine commune. (...) » (Philomag)

Le capital et son singe
« (...) Le 15 mai 1848, les révolutionnaires Armand Barbès, Auguste Blanqui, François Vincent Raspail et l’ouvrier Albert, "meneurs" (selon la terminologie chère aux ministres de l’Intérieur) d’une foule imposante, investissent le palais Bourbon où siège l’Assemblée nationale récemment élue : ils demandent une intervention française pour soutenir la cause polonaise (la Pologne détient sans doute un triste record : celui d’être le pays d’Europe le plus rayé de la carte au cours de son Histoire). Geste juste et fort mais aussi, diront d’autres, écran de fumée. Prétexte ou pas, l’affaire vire au coup d’Etat : gagnant l’Hôtel de ville les "meneurs" établissent un gouvernement insurrectionnel. Le gouvernement légal arrête bientôt ces leaders qui passeront en procès devant la haute cour de Justice, loin de Paris (risque d’émeutes), à Bourges en mars 1949. Ils seront condamnés (prison, déportation). Mauvais jours pour le camp ouvrier et socialiste. Marx se fera plus d’une fois l’écho de ces événements de 1848 qui ressurgiront sous la plume de nos grands romanciers à commencer par Flaubert (L’éducation sentimentale) et Victor Hugo (Choses vues). (...)
L’imagination plutôt que la restitution, le collage et le tricotage plutôt que la chronologie constituent le poivre, le sel du spectacle Le Capital et son singe. Creuzevault et ses acteurs s’appuient sur les faits pour se ruer, s’abîmer, se lover, s’enfoncer dans le débat d’idées qui agitent ces individus et cette époque dont nous sommes, en ligne directe, les lointains héritiers. (...) » (Blog Rue89)

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