13/07/2014

A la télé, mardi 15 juillet


Arte, 20h50. "Le business du commerce équitable".
Présentation : « En glissant dans son caddie un produit arborant la mention "équitable", le consommateur fait un choix qui prend tout son sens à l'autre bout du monde. En Afrique ou en Amérique latine, des petits producteurs auront été payés décemment pour produire la matière première. Et ils n'auront pas été contraints de courber l'échine face aux importateurs et aux distributeurs, comme le veut la règle de l'économie mondialisée. Qu'en est-il réellement ?

Du Mexique au Kenya en passant par la République Dominicaine, Donatien Lemaître a décortiqué toute la filière. Il montre comment l'idée généreuse du commerce équitable est de plus en plus récupérée par des as du marketing ou des multinationales en quête de virginité, bien loin de l'objectif de ses créateurs. Les premiers à s'en emparer ont été les grands réseaux de distribution : les "consom-acteurs" sont prêts à payer leur café plus cher si les producteurs sont correctement rémunérés ? Les grandes surfaces ont accordé de plus en plus de place au label "équitable". Mais elles ont parallèlement augmenté leurs marges sur ces produits... Résultat : tandis que les producteurs labellisés gagnent à peine plus que les producteurs lambda (et jamais assez pour sortir de la pauvreté), les grandes enseignes, elles, s'enrichissent.

Du côté des producteurs, le système n'est pas forcément plus vertueux : Donatien Lemaître observe que, dans les plantations de bananes de la République dominicaine, des petits propriétaires ayant obtenu le label Max Havelaar exploitent des travailleurs haïtiens sans-papiers. Ainsi, le commerce équitable a ses coopératives, ses programmes de développement, mais aussi ses forçats invisibles… Autre surprise : pour répondre à la demande croissante de bananes équitable, Max Havelaar a accordé son label à de gros producteurs : chez Savid, on produit 150 tonnes de bananes par semaine avec des ouvriers haïtiens mal payés et mal logés, mais dont les papiers sont en règle... Bienvenue dans l'ère de l'équitable industriel !

Enfin, Donatien Lemaître s'intéresse aux multinationales de l'agroalimentaire. Et constate qu'au Kenya, le partenariat entre Rainforest Alliance et Lipton (groupe Unilever) a profité à la marque, mais absolument pas aux travailleurs occasionnels des plantations de thé. Où il apparaît que si le commerce équitable était une belle idée, il renforce aujourd'hui essentiellement le système dominant.
Rediffusion sur Arte 22 juillet à 9h. Disponible en ligne sur Arte+7 du 15 au 22 juillet.




Arte 22h10. "Etrangers en voie d'expulsion. Vol spécial".
Présentation : « Dans le centre de rétention administrative pour sans-papiers de Frambois, à Genève – un des vingt-huit existant en Suisse –, Ragip, Wandifa, Serge et les autres ont été incarcérés dans l'attente de leur expulsion, quasi inéluctable. Leur crime : résider illégalement sur le territoire helvète.

Clandestins ou demandeurs d’asile déboutés, certains d'entre eux vivent ici depuis des années, ont fondé une famille, travaillent et cotisent aux assurances sociales. Sous la houlette du directeur du centre, Denis, Michel et les autres gardiens tentent d'accompagner au mieux ces hommes vaincus par la peur et le stress, broyés par une effroyable machine administrative. La plupart des détenus refusent de quitter leur terre d'asile et leur famille pour partir "libre" sur un vol régulier. Ils se retrouvent alors à redouter le moment fatidique de l'expulsion en "vol spécial", où ils seront menottés, ligotés et casqués, pour être installés de force dans un avion… »
Rediffusion sur Arte 17 juillet à 8h55. 
Disponible en ligne sur Arte+7 du 15 au 22 juillet.



Arte, 23h55. "Vol spécial. Que sont-ils devenus ?"
Présentation : « Juste après la sortie de Vol spécial, Fernand Melgar conçoit un webdocumentaire, dans lequel il suit les anciens détenus du centre de rétention dans leur retour forcé au pays, et dont ce documentaire se nourrit en grande partie. Aujourd'hui, Wandifa – celui qui chantait des morceaux de ragga dans sa cellule en attendant d'être expulsé – vit en Gambie chez son oncle. Sans travail, il ne parvient pas à subvenir aux besoins de sa famille comme la plupart des jeunes du pays. Une misère qui, déjà il y a quelques années, l'avait incité à entreprendre un voyage périlleux vers l'Europe, en barque.

Au Cameroun, Geordry revient sur les conséquences terribles de son rapatriement forcé par "vol spécial" quand, remis aux autorités de son pays, il a été torturé pendant six mois pour avoir "sali l'honneur du pays". Seul Jeton, libéré inopinément après la mort d'un sans-papier lors d'un "vol spécial" vers le Nigeria, a pu demeurer en Suisse. Il s'est marié avec Slavica et profite du bonheur de vivre en famille, avec leurs enfants. Mais la situation reste précaire… »
Disponible en ligne sur Arte+7 du 15 au 22 juillet.

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